La stratégie des conservateurs américains pour interdire l’avortement






L’arrêt Roe v. Wade garantit la liberté d’avortement, mais une décision de la Cour suprême peut, dans certains cas, être renversée. Et c’est justement parce que les initiateurs de ces lois liberticides veulent que la Cour suprême s’empare du projet qu’ils se réjouissent lorsque des organismes comme l’ACLU (association pour les droits civiques) contestent devant la justice les lois qu’ils ont fait voter. Si tout va bien (pour eux), de tribunal en tribunal l’affaire remontera jusqu’à la Cour suprême. Or, ce que la Cour suprême a fait en 1973, elle peut le défaire aujourd’hui.




Ces lois interdisant l’IVG sont, en l’état actuel des choses au pays de Trump, inconstitutionnelles. En effet, la Cour suprême, la plus haute autorité judiciaire du pays, a jugé en 1973, lors d’un arrêt appelé Roe v. Wade devenu synonyme de droit à l’avortement, que le droit des femmes à obtenir une interruption de grossesse s’inscrivait dans le cadre de la protection de leur vie privée prévue par le XIVe amendement de la Constitution américaine, qu’il ne viendrait à l’idée de personne de remettre en cause.

Pour la petite histoire, Roe est le pseudonyme (intégralement Jane Roe, Wade étant le nom de famille du procureur qui lui était opposé) utilisé à l’époque par la femme à l’origine de cet arrêt. Cette femme, Norma McCorvey de son vrai nom, contestait l’interdiction d’avorter au Texas. C’est donc elle qui fut à l’origine de la décision de la Cour suprême autorisant l’avortement dans tout le pays et qui permit à des millions de femmes de disposer de leur corps par la suite et de ne pas élever des enfants dont elles ne voulaient pas, de ne pas subir des avortements clandestins dans des conditions épouvantables et de ne pas en mourir. Quelques années plus tard, Norma McCorvey a tourné casaque et est devenue une farouche militante anti-avortement. La vie est pleine de surprises.

Au pays du rêve américain, l’IVG est un droit arraché avec les dents et sans cesse remis en question dans les faits. Là où la religion prend une part immense dans la vie sociale malgré une séparation toute théorique de l’Église et de l’État (et God bless America), il existe une multitude de «crisis pregnancy centers», fausses cliniques et vrais centres prosélytes, qui prolifèrent en surfant sur la vague de fermeture de vraies cliniques pratiquant des avortements, obligées de mettre la clé sous la porte à la suite de clauses votées par les États pour limiter l’accès à l’IVG.

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18.05.19

Istacec

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