L’Allemagne de l’Est est-elle la perdante de la réunification?








Une génération n’a pas suffi à réaliser pleinement ce qu’on appelle en allemand l’«unité intérieure du pays». Celui-ci, du fait de la déconfiture des grands partis traditionnels et de la poussée de l’extrême droite, donne même aujourd’hui plutôt le sentiment que l’Est et l’Ouest seraient plus séparés que jamais. Il n’en reste pas moins indéniable que de réels progrès ont été réalisés. En réalité, ce sont les mentalités qui évoluent le plus lentement…




Trente ans plus tard, la fête n’est plus aussi belle que le 9 novembre 1989quand est tombé le mur de Berlin sous la pression des Berlinois·es de l’Est venu·es vérifier s’il était bien «ouvert» comme venait de le déclarer, lors d’une conférence de presse, le porte-parole nouvellement nommé du SED (le parti communiste au pouvoir en RDA), Günter Schabowski.

On en oublierait presque la liesse de ces Berlinois·es de l’Est déferlant à pied ou dans leurs petites voitures Trabant vers Berlin-Ouest où les accueillaient à bras ouverts les Berlinois·es de l’Ouest qui avaient, à leur tour, investi le Mur devant la porte de Brandebourg. Aujourd’hui, c’est plutôt le désenchantement qui primerait.

Les termes Wessis et Ossis, qui avaient pratiquement disparu du vocabulaire courant ces dernières années, font leur retour; on évoque également un «rétablissement du Mur dans les têtes», tant serait grand le fossé entre l’Est et l’Ouest. La montée de l’extrême droite dans les Länder de l’Est, dans des proportions nettement plus importantes que dans l’Ouest du pays, est un indice parmi d’autres de ce malaise.

On voit également réapparaître l’idée que l’unification n’aurait été rien d’autre qu’une «annexion» suivie de «prédations» ouest-allemandes, comme l’écrivent deux journalistes de Berlin dans le Monde Diplomatique de novembre 2019. La chaîne de télévision LCP fait quant à elle s’exprimer dans son documentaire «À l’est de nos mémoires», diffusé le 2 novembre dernier, l’ancien procureur général de la RDA, Hans Bauer. Celui-ci s’insurge contre l’idée que l’on puisse qualifier la RDA d’«État de non-droit» et rappelle les mérites de son anti-fascisme et de sa politique de «compréhension internationale».

La suite ici : L’Allemagne de l’Est est-elle la perdante de la réunification?

10.11.19

Istacec

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