L’Allemagne face au risque d’une terreur brune






Selon un décompte provisoire du ministère allemand de l’intérieur, dévoilé mardi 13 août par le quotidien Der Tagesspiegel, 8 605 crimes et délits attribués à l’extrême droite, dont 363 actes violents, ont été enregistrés au premier semestre de 2019 (soit 10 % d’augmentation par rapport à 2018). Depuis la mort de Walter Lübcke, plusieurs élus locaux connus pour leur soutien aux réfugiés ont fait savoir qu’ils avaient reçu des menaces de mort.




L’Allemagne avait été stupéfaite en apprenant la mort, le 2 juin, de Walter Lübcke, préfet de l’arrondissement de Kassel (Hesse), tué d’une balle dans la tête sur sa terrasse. Sur les réseaux sociaux, plusieurs comptes proches de l’extrême droite s’étaient réjouis de la disparition de ce chrétien-démocrate de 65 ans qui, en 2015, avait résolument soutenu la politique d’accueil des réfugiés décidée par Angela Merkel. Un suspect est aujourd’hui en détention provisoire : il s’agit d’un néonazi de 45 ans déjà emprisonné dans les années 1990 pour avoir fait exploser une bombe devant un foyer d’étrangers.

Les violences d’extrême droite n’ont rien de nouveau outre-Rhin. L’attentat le plus meurtrier commis depuis la guerre a été perpétré par un néonazi lors de la Fête de la bière de Munich, le 26 octobre 1980 (13 morts, 211 blessés). Avant l’accueil des réfugiés en 2015, le nombre de crimes et délits politiques s’établissait déjà à plus de 5 000 par an, ce qui démontre que le phénomène a des racines plus profondes qu’une réaction à la politique d’Angela Merkel. Mais l’augmentation continue des violences prend inévitablement une dimension particulière en Allemagne, compte tenu de l’histoire du pays et de la « responsabilité » dont se réclament volontiers ses dirigeants.

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17.08.19

Istacec

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