L’amour des murs


murs

Non seulement les murs échouent à prévenir les intrusions, mais ils aboutissent à un paradoxe : ils accentuent les problèmes contre lesquels ils sont censés lutter. Ils favorisent le développement de réseaux mafieux – et leur corollaire, des milices privées prenant le relai de l’État pour patrouiller dans les zones frontalières – et d’une économie souterraine.


La politique nord-américaine se résume depuis un mois au financement d’un mur frontalier. Elle fait écho à une obsession mondiale pour les barricades, qui trahit le désir des États de réaffirmer le contrôle de leur territoire. Aussi illusoire soit-il.

On peut – avec raison – s’offusquer de l’obsession de Trump pour « son » mur, prolongement de la barrière érigée à partir de 2006 sous la présidence de George W. Bush. Mais il faut garder à l’esprit un autre chiffre: depuis la chute du Mur de Berlin en 1989, les États membres de l’Union européenne et/ou de l’espace Schengen ont construit, le long de leurs frontières, près de 1000 km de murs[2]. Sans compter les systèmes de surveillance de toutes sortes – les «murs virtuels» – ni les patrouilles en Méditerranée, les limites physiques de la «forteresse Europe» s’étendent aujourd’hui sur une distance plus de six fois supérieure à celle de la double ligne de béton armé érigée en 1961 par le gouvernement est-allemand.

Difficile de juger la petite moitié – les chiffres varient d’un sondage à l’autre – d’habitant·e·s des États-Unis favorables à ce projet de mur, si l’on considère les 200 km de grillages et de barbelés entre la Bulgarie et la Turquie, les 300 km de barrières électrifiées et de barbelés entre la Hongrie et la Croatie, ou encore le cocktail de barbelés, caméras, miradors et détecteurs de mouvements derrière lequel s’abritent, sur la côte marocaine, les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla.

La suite icihttp://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2019/01/28/lamour-des-murs/

1.02.19

Istacec

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