L’après COVID: les politiques flamands fermement décidés à ne rien changer 




La composition très unilatérale de ce comité de relance et la scission très claire entre l’économique et le social illustrent à merveille les intentions de nos dirigeants : une relance hautement technocratique, avant tout destinée à asseoir le statu quo.  Le principe TINA (« there is no alternative ») élevé à son paroxysme. Une approche qui ne dégage rien d’autre qu’une frilosité extrême de la classe politique vis-à-vis d’une approche nouvelle, intégrée, innovante. Elle refuse le débat, ni plus ni moins. 


Le grand débat sur l’impact économique du coronavirus, organisé de concert par les deux principales chaînes de télévision flamandes, a commencé par des excuses du modérateur. La prochaine fois, a-t-il promis, le panel sera empreint d’une plus grande « diversité ». Une promesse en l’air, vu qu’il n’y aura pas de « prochaine fois », et un repentir bien singulier, qui survient alors que le péché est toujours en cours. Mais c’est l’intention qui compte.

Le problème de ce panel donc, de l’avis du modérateur, était qu’il était exclusivement composé d’hommes. On se réjouira que quelqu’un ait fini par penser aux femmes, même si c’était pour les affubler d’entrée de jeu du statut d’espèce en voie de disparition. Faute de femme-alibi ou de femme-kleenex, il n’y avait d’autre choix que de se confondre en excuses.

Le terme « diversité » ne faisait donc pas allusion à la monochromie du panel et encore moins à l’absence de pluralités des idées socio-économiques. Car oui, seuls des représentants du patronat, de l’économie financière et de la politique conservatrice avaient été conviés à venir s’exprimer sur notre avenir. Les syndicats, la société civile, les sciences humaines, l’opposition de gauche : personae non gratae.

Faut-il s’en étonner ? Il y a deux semaines, le gouvernement flamand a fondé un comité de relance économique, qui n’est pas – non plus – un monstre de « diversité ». Je vous l’accorde, ce cercle restreint de six personnes comptait quand même deux femmes, mais pour le reste, la diversité a manifestement ses limites : des managers, un gestionnaire d’actifs, un grand patron, un économiste. Ces « experts indépendants » (indépendants de quoi, au juste ?) ont reçu pour mission de formuler des recommandations concrètes au gouvernement afin de soutenir les entrepreneurs et les travailleurs de Flandre. « Travailleurs » qui n’avaient donc aucun représentant au sein du comité. Un spécialiste en sciences humaines ? Non, merci. Un expert de la digitalisation ? De la mobilité ? Du climat ? Non, pas pour le moment. Pourtant, ce sont des thématiques sur lesquelles le comité devra nécessairement se pencher… On nous souffle dans l’oreillette qu’un autre organe, un « comité de relance sociale », viendra peut-être se greffer à terme au premier, mais cela reste une rumeur. Aucune trace concrète d’un tel organe dans le compte-rendu des dernières décisions gouvernementales.

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16.05.20

Istacec

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