L’assaut du Capitole  constitue en quelque sorte l’héritage de Trump



La question centrale désormais est ce que va en faire le parti républicain. Juste avant l’assaut, le leader républicain du Sénat Mitch McConnell, pourtant fidèle du président, déclarait, en parlant des contestations portées par Trump et par ses alliés au Congrès contre la victoire de Biden : « c’est une attaque contre les fondements juridiques de notre république et contre la souveraineté du peuple qui légitime notre république ». Il ajoutait qu’il considérait que son vote, pour certifier la victoire de Biden, était le plus important de sa carrière politique.


Toute la lumière n’a pas encore été faite sur le degré de planification, les objectifs réels, au moins de certains, et la composition des participants, notamment les membres de milices d’extrême-droite. Quoi qu’il en soit, l’assaut a été violent et a fait 5 morts, dont un policier (un autre policier du Capitole s’est suicidé deux jours après). Au-delà, il faut insister sur la gravité symbolique et politique des événements du 6 janvier : une atteinte directe et violente aux institutions, incitée par le président des Etats-Unis : l’objectif était bien de bloquer ce qui est normalement une formalité puisqu’elle intervient pour certifier le vote du Collège Electoral et les élections déjà certifiées par chacun des 50 Etats.

C’est aussi une atteinte au processus démocratique et au principe central de la transition du pouvoir : si des assistantes parlementaires n’avaient pas eu la présence d’esprit d’emporter les bulletins papiers du Collège Electoral, le processus démocratique lui-même aurait été interrompu – puisque justement ces résultats n’avaient pas encore été certifiés par le Congrès. Or le soir-même, juste après les événements, près des deux-tiers (65,4%) du groupe républicain à la Chambre, et six sénateurs, dont Josh Hawley et Ted Cruz, tous deux considérés comme présidentiables héritiers du trumpisme, ont malgré tout voté contre la certification dans certains Etats, donc pour bloquer le processus de certification de l’élection de Biden.

La question politique majeure désormais est ce que le parti républicain va faire de cet héritage Trump, et comment ses membres élus vont se positionner par rapport à son chef, et au « grand mensonge » qu’il promeut depuis le 3 novembre, qui a d’ores et déjà affecté la légitimité de Biden auprès d’une partie de l’électorat. Le « trumpisme » au sens de la redéfinition du parti républicain engagée par Trump, va certainement perdurer sur plusieurs aspects : nationalisme chrétien, rôle de la religion dans la société, Etat stratège industriel, ancrage géographique rural (zones économiques « perdantes de la mondialisation »), y compris dans ses ambiguïtés non tranchées sur la politique étrangère (isolationnisme ou nouvelle guerre froide contre la Chine). Mais Trump a apporté à cette redéfinition du parti un surplus illibéral.

La suite ici : L’assaut du Capitole et la victoire démocrate au Sénat

16.01.21

Istacec

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