L’avenir de la robotique sociale : assistance ou surveillance ?




Si les robots dits sociaux sont encore loin d’accompagner notre quotidien, on peut d’ores et déjà s’interroger sur le projet dont ils sont porteurs. A l’heure où les pratiques numériques confortent plus que jamais l’analyse deleuzienne sur les sociétés de contrôle, la tentation est grande pour la robotique sociale, encore très malléable, de chercher son modèle économique du côté d’un capitalisme cognitif datavore et peu scrupuleux.


Comme le révèlent les faillites dans le secteur, le robot social peine à trouver sa raison d’être et son modèle économique en dehors des laboratoires. L’innovation étant aujourd’hui en grande partie darwiniste, le marché fait face à des offres de « solutions » pour lesquelles il n’existe pas encore de problème. Or, quel est aujourd’hui le critère de « sélection artificielle » sur le marché numérique ? Les données.

Rien de tel, donc, qu’un produit collecteur de données pour assurer sa sélection sur le marché. Je nomme cette mécanique « dataterminisme » car, malgré le caractère illusoire du déterminisme technologique, le matraquage technocapitaliste en matière dataïste, tant en actes techniques et financiers qu’en paroles, obstrue le champ des possibles. L’idéologie selon laquelle il n’est point de salut en dehors de la donnée est ainsi renforcée.

Les enceintes connectées témoignent à cet égard d’une réussite assez stupéfiante. Elles ne diffèrent pourtant pas tellement de tous les robots sociaux de type « compagnons » domotiques qui échouent sur le marché. Des deux côtés, il s’agit à la fois d’exporter des fonctions à faible valeur ajoutée, car déjà disponibles sur d’autres dispositifs portables comme les téléphones, et de proposer à l’utilisateur une nouvelle modalité d’interactions homme-machine (IHM) dévaluant la main au profit de la voix. Dès lors, comment expliquer le succès des unes et l’échec des autres ?

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5.02.20

Istacec

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