«L’aviation de masse est incompatible avec la vie sur Terre. Un autre voyage existentiel est possible»




Les émissions de gaz à effet de serre détruisent nos conditions d’existence sur la Terre. Par Adélaïde Charlier et Anuna De Wever (Youth for Climate), Etienne de Callataÿ (économiste), Cédric Chevalier et Thibault de La Motte (économistes et coauteurs de «Déclarons l’Etat d’Urgence Ecologique»)


Alors que nous luttons contre une terrible pandémie, une récente étude scientifique montre qu’un milliard d’êtres humains risquent de devoir migrer ou subir des chaleurs insupportables pour chaque degré supplémentaire de la température globale, dans les cinquante prochaines années. Ne rien faire, c’est accepter ce risque d’un milliard de victimes supplémentaires, migrants, malades ou morts.

Comme l’a rappelé l’épidémiologiste Marius Gilbert, « L’impact sanitaire du changement climatique est bien plus important que celui du coronavirus. Pour le Covid, on n’a pas hésité à imposer le confinement et à arrêter quasiment toute l’économie. Or, si on comptait les morts liés au réchauffement climatique comme on est en train de le faire pour le Covid, on se rendrait compte qu’il est plus meurtrier. ». Le réchauffement climatique fait de plus en plus de victimes, en aggravant les pénuries alimentaires et en eau, en accroissant les migrations, en exacerbant les maladies chroniques et contagieuses et, soulignons-le trois fois en gras, en augmentant le risque de pandémies.

Rappelons-le, le réchauffement climatique global est causé par les émissions de gaz à effet de serre engendrées par l’usage de combustibles fossiles et la réaffectation des terres par l’économie mondialisée. L’économie belge, en tant qu’économie ouverte parmi les plus riches du monde en PIB par habitant, participe activement à cette économie mondialisée, à l’usage d’énergie fossile, aux émissions de gaz à effet de serre (parmi les plus élevées au monde par habitant), et donc au réchauffement climatique.

L’industrie aérienne mondialisée est responsable d’environ 3% des émissions de gaz à effet de serre, mais son impact climatique est 2 à 4 fois plus élevé que ces seules émissions, et pourrait représenter plus de 15% du total mondial des émissions d’ici 2050, si les Etats ne décident pas d’interrompre volontairement sa croissance exponentielle. L’industrie aérienne n’a jamais vraiment été en transition. Elle n’est pas soumise à la fiscalité sur le carburant – elle ne paie aucune taxe kérozène – , elle ne paie pas sa juste part d’impôts dans les pays où elle opère – et génère des pollutions – , elle n’est pas soumise aux Accords de Paris sur le climat – et ne paie aucune taxe carbone.

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15.05.20

Istacec

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