Le Brexit, accident démocratique de grande ampleur





La crise politique sans fin dans laquelle le Royaume-Uni s’enfonce depuis bientôt trois ans invite à considérer le Brexit comme le plus pathétique exemple d’accident démocratique auquel nous ayons assisté depuis longtemps. Largement accidentel dans ses origines comme dans son déroulement, le divorce entre la Grande-Bretagne et le continent devrait aussi s’avérer passablement invalidant pour l’avenir collectif de nos voisins d’outre-Manche.



Cet épisode doit nous inciter à réfléchir sur les fondements mêmes de la démocratie libérale et représentative que nous connaissons en Occident depuis moins de deux siècles. L’histoire, « again on the move », doit nous inciter à nous plonger de toute urgence dans la philosophie politique, dont l’utilité n’a jamais été aussi manifeste.

Rappelons d’abord pourquoi le Brexit peut être qualifié de largement accidentel dans son origine[1]. Comme chacun le sait, le référendum du 23 juin 2016 est la conséquence d’un calcul politicien effectué par David Cameron, alors Premier ministre conservateur, pour essayer de régler un double problème : la montée en puissance du mouvement populiste UKIP sur sa droite, et, encore plus grave pour lui, les déchirements incessants de son parti sur la question européenne depuis le départ de Margaret Thatcher.

Arrivé au pouvoir en 2010 (à la tête d’une coalition avec les europhiles libéraux démocrates), Cameron a d’emblée dû affronter une série de rébellions issues d’une frange croissante de ses backbenchers, au point qu’en octobre 2011, pas moins de 81 parlementaires conservateurs ont fait voler en éclat l’unité du parti en votant en faveur d’un référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE. Deux ans plus tard, en octobre 2013, préoccupé par la montée du UKIP dans les sondages, Cameron a cru devoir promettre que s’il était reconduit dans ses fonctions aux élections générales suivantes, il renégocierait les conditions de l’appartenance de son pays à l’Union Européenne, avant d’organiser un référendum, reprenant ainsi une stratégie qui avait été mise en œuvre avec succès en 1975 par le travailliste Harold Wilson (deux ans à peine après l’entrée des Britanniques dans ce qui était alors la CEE).

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3.04.19

Istacec

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