Le conflit sans fin sur le Brexit témoigne de la gloutonnerie politique








En surchargeant la barque en dépit du bon sens, les soi-disant « leaders » de tous les côtés ont en fait conduit leurs électeurs au désert du conflit sans fin sur le Brexit. Si vous avez aimé les premières saisons de cette série, vous apprécierez celles à venir car, grâce à leur erreur, elle est maintenant très loin d’être terminée.



Le gouvernement britannique de Mme May a commis de multiples erreurs, mais n’a pas été le seul. De son côté, contrairement à l’article 50, l’Union européenne (UE) a décidé que certains sujets du futur devaient être réglés immédiatement dans l’accord de retrait. Cela concernait surtout le sort de l’Irlande du Nord, une pilule empoisonnée pour la négociation. Légalement, rien ne distingue les contrôles douaniers aux frontières en Irlande du Nord des autres. Cela hypothèque la stabilité du tout. Politiquement, des solutions immédiates ne présentaient pas d’urgence, et d’autres solutions existaient pour garantir la paix en Irlande du Nord. Le pouvoir, cependant, rend la plupart des politiciens gloutons. La Commission a profité d’un débat virulent du Conseil européen sur l’immigration pour introduire ce point à la fin des conclusions. Les chefs de gouvernement n’ont mené alors aucun débat.

Depuis lors, la confusion entre le règlement du passé et les relations futures a provoqué un énorme malentendu dans les parlements et le public. Tout le monde discute de la relation future alors qu’elle n’est pas couverte par l’accord de retrait, qui entretemps devient, lui, plus difficile à défendre. Ce faisant, l’Union n’a pas du tout rendu le « soft Brexit » plus facile. Même, elle a facilité le torpillage du Brexit (les appels dans ce sens du président du Conseil européen accentuent encore cette perception). Les dénégations de Juncker et Tusk excluant toute responsabilité de l’Union dans l’impasse actuelle sont donc fausses.

De plus, les gouvernants européens ont ainsi offert un cadeau en or massif aux Brexiters et aux populistes de toutes sortes : un scénario de sabotage par les institutions européennes du droit de quitter l’Union. Cela ne peut que renforcer ces groupes à l’avenir. Pire, nos gouvernements n’ont pas vu que, ce faisant, ils allaient par surcroît compliquer à l’avenir les procédures référendaires dans l’Union (qui en même temps se développent). Si on revient sur le référendum britannique, bien entendu cela va provoquer des contestations généralisées dans tous les référendums à venir. L’exemple britannique sera cité sans arrêt. Cela rendra le processus de décision de l’Union encore plus compliqué.

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26.10.19

Istacec

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