« Le conspirationniste dit au réel d’aller voir ailleurs ! »






Quand les complots prennent des allures de nanars de science-fiction, nous sourions. Mais que faisons nous quand l’imagination dérive et que la vérité historique, juridique ou factuelle disparaît ? Que faisons-nous quand l’Holocauste n’existe plus parce que trois imbéciles dans une vidéo ont entouré une ombre et que, selon la formule consacrée, « Ils posent la question » ? Comment rapporter la vérité quand l’information est devenue une guerre ?



Les fausses nouvelles existent depuis très longtemps. La loi de 1881 sur la liberté de la presse les définit et les sanctionne déjà. Une fausse nouvelle est un contenu faux, ou suffisamment éloigné de la réalité des faits pour la dénaturer, diffusé dans un but trompeur. Quand un journaliste professionnel se trompe et se corrige, cela relève de l’erreur. Une tribune ou un billet d’humeur relève de l’opinion. Un contenu publié dans une perspective manifestement satirique n’a pas pour but de tromper mais de faire rire ou réfléchir. C’est l’intention de tromper qui est absolument centrale dans les fake news.

Toutes les fausses nouvelles n’ont pas forcément un caractère complotiste mais, parce que précisément elles ont pour effet de vous « révéler » des choses introuvables dans les médias classiques, elles revêtent souvent une dimension conspirationniste. Il s’agit de dénigrer les médias « dominants ». On entend cette petite musique complotiste dès que les médias professionnels sont présentés comme des rouages d’une gigantesque mécanique à tromper le public, comme des serviteurs des « puissants » tapis dans l’ombre. La montée en puissance des « médias alternatifs » dits de « ré-information » ne peut pas être comprise hors de cette perspective. Il faut la réinscrire dans le long et patient travail d’influence méta-politique mis en œuvre depuis plus de dix ans par la complosphère, et notamment par la plateforme la plus dynamique de cette galaxie complotiste, Egalité & Réconciliation, le site d’Alain Soral, qui se définit lui-même comme « national-socialiste ».

La suite ici : « Le conspirationniste ne dit pas « la vérité est ailleurs », il dit au réel d’aller voir ailleurs ! »

31.03.19

Istacec

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