Le coronavirus, bouc émissaire d’un krach boursier



 

 


Peut-on rendre le coronavirus responsable du dévissage des Bourses ? La causalité est vite établie dans la plupart des médias. Trop hâtivement certainement. En effet, les annonces d’une crise imminente se sont multipliées ces deux dernières années. Le New York Times n’y allait pas par quatre chemins en décembre 2018 en demandant : “Are you ready for the financial crisis of 2019 ?”.

 

 


Entre le 12 février et le 11 mars, l’un des indices-phares, à savoir le S&P500, a plongé de près de 20 %. La même déconfiture s’observe pour le Dax, le Nikkei, etc. L’attention angoissée vis-à-vis de ces indicateurs est telle qu’il faudrait adapter le graphique habituel représentant la dangerosité des pandémies à l’aide de deux axes : un, horizontal, figurant la contagiosité et un autre, vertical, indiquant la létalité. Il faudrait en effet lui adjoindre une troisième dimension : l’ampleur de la dégringolade des indices boursiers.


Mais, peut-on rendre le coronavirus responsable du dévissage des Bourses, en plus des infections massives et des ruptures d’approvisionnement en gel hydroalcoolique et en papier toilette ? La causalité est vite établie dans la plupart des médias. Trop hâtivement certainement. Car, si le coronavirus a chamboulé les dynamiques économiques en brisant momentanément (?) les chaînes de valeur globale, des pièces détachées de véhicules aux médicaments (du moins est-ce une perspective possible, puisque 80 % des principes actifs sont fabriqués en Chine), il risque d’être un bouc émissaire bien commode, rendu responsable de la baisse des rendements des investissements, lesquels n’en finissent de se dégrader depuis quelques semaines.

En effet, les annonces d’une crise imminente se sont multipliées ces deux dernières années. Le New York Times n’y allait pas par quatre chemins en décembre 2018 en demandant : “Are you ready for the financial crisis of 2019 ?”. L’ex numéro 2 de la Bourse de New Yorkprédisait en mars 2019 que “La finance [alllait] vivre un tsunami d’ici fin 2020”. Dans l’éditorial de son rapport annuel de juin 2019, la Banque des règlements internationaux (la banque centrale des banques centrales), faisait état les risques qui pesaient sur l’économie et la finance mondiales. En octobre, les craintes des Banquiers centraux et ministres des Finances se précisaient et la question du “quand ?” se faisait plus pressante. À ce moment, il n’était toujours pas question du coronavirus, qui n’a fait l’objet d’un rapport des autorités sanitaires du Wuhan que le 31 décembre, tandis que que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne déclarait l’urgence sanitaire que le 31 janvier (chronologie du New York Times).

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14.03.20

Istacec

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