Le coronavirus, une géopolitique des peurs




La pandémie du Covid-19 a révélé et accentué les peurs dans un monde plus fracturé que jamais. Face à la déraison, ce mal pourrait obliger à réhabiliter l’expertise et la compétence et éviter de se laisser aller à l’égoïsme national et au pur protectionnisme.


Ce qui rend les émotions si particulières, c’est qu’elles semblent nous contrôler, plus que nous ne les contrôlons. Et l’émotion qui nous domine à l’heure du coronavirus est, bien entendu, la peur. Elle se traduit par la volonté d’être protégé, rassuré face à un monde qui apparaît comme plus dangereux, parce que toujours plus complexe, imprévisible, sinon incompréhensible. Nous sommes comme aveuglés par la lumière des informations qui se bousculent dans notre cerveau. Comment maîtriser, hiérarchiser, classer, cet afflux de données qui nous angoisse par sa diversité et sa nouveauté ?

Vivre sous l’emprise de la peur, c’est non seulement s’inquiéter du présent, mais attendre plus de dangers encore du futur. La peur est l’inverse absolu de l’espoir, émotion dans laquelle le futur ne peut qu’être plus radieux encore que le présent.

La pandémie qui frappe aujourd’hui le monde est d’autant plus déstabilisante qu’elle ajoute de l’incertitude à l’incertitude, et qu’elle apparaît comme l’accélérateur d’une culture de peur déjà préexistante, et le révélateur de fractures plus profondes encore qu’on ne pouvait l’imaginer.

De manière symbolique, quand l’Italie appelle au secours, c’est la Chine, et pas la France et l’Allemagne, qui lui vient en aide en lui fournissant des experts médicaux, des masques et des équipements d’aide respiratoire. Au moment où la Chine s’ouvre à l’Italie, l’Amérique se ferme à l’Europe. Donald Trump, pour compenser sans doute la légèreté et l’irresponsabilité de son traitement initial du virus, surréagit de manière unilatérale et confuse.

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18.03.20

Istacec

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