Le cyberharcèlement, visage contemporain de la misogynie 




Considéré à tort comme un mal virtuel, le harcèlement via Internet cible davantage les femmes, avec des conséquences bien réelles. Rajae Maouane et Florence Hainaut témoignent.


Rajae Maouane ne se taira pas. Lundi dernier, la co-présidente d’Ecolo a dévoilé « un florilège non-exhaustif » des messages racistes et sexistes qu’elle a reçus en l’espace d’une semaine sur les réseaux sociaux. « T’es pas typée Belge », « Va te faire élire dans ton pays », « C’est vous la pollution de la Belgique, pas le Covid-19 »… Les commentaires haineux défilent, ne représentant qu’une infime partie du cyberharcèlement dont la femme politique est victime. « Je reçois autant des insultes du style « sale arabe, rentre chez toi » que « pute », « connasse », et des dick pics. Là, j’ai par exemple quelqu’un qui me propose de boire du Round Up », nous dit-elle en se connectant à son compte Twitter.

En partageant cette vidéo « au nom de toutes les personnes qui reçoivent également ce genre de messages et qui ne sont pas entendues », Rajae Maouane a mis en lumière un fléau qui, loin d’être un phénomène isolé, cible davantage les femmes, et nous concerne toutes et tous. « Si j’ai décidé d’en parler, ce n’est pas tant pour moi », insiste la co-présidente du parti écologiste, avant d’évoquer notamment sa prédécesseure Zakia Khattabi, mais aussi les journalistes Myriam Leroy, Sofia Cotsoglou et Florence Hainaut. Toutes ont quitté Twitter sous le poids des insultes et des menaces tenues « en très grande majorité » par des hommes. Toutes sont des femmes « avec des convictions fortes, qui prennent la parole et assument ce qu’elles sont et font », explique la jeune Molenbeekoise. Florence Hainaut ajoute et résume: « ce sont des femmes qui sortent du rôle que l’on attend d’elles. » Lassée après plusieurs années de cyberharcèlement misogyne, la journaliste qui a le sens de la répartie a fini par quitter Twitter, « un lieu clos extrêmement violent », le 8 juin dernier. « Tant que je comparais le prix des pots de choco dans On n’est pas des pigeons, ça allait, j’étais à ma place de femme dans la sphère domestique. Dès que je suis passée à la sphère politique, ça a été l’enfer », confie l’ancienne présentatrice de l’émission Les décodeurs de la RTBF. Pour Rajae Maouane, c’est après sa nomination à la présidence d’Ecolo, en septembre dernier, que la violence s’est exacerbée.

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24.06.20

Istacec

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