« Le fil rouge de l’effondrement, c’est l’explosion des inégalités »



 

 



Si la probabilité d’un effondrement général crève les yeux, les ouvrages de ses thuriféraires manquent singulièrement de mordant. On n’y trouve aucune critique réelle du capitalisme ou de l’explosion des inégalités sociales à l’échelle de la planète. Un manque comblé par l’essayiste Renaud Duterme,  De quoi l’effondrement est-il le nom ? rappelle que la fin du monde aussi est affaire de lutte des classes. Entretien



 

Depuis que Pablo Servigne et Raphaël Stevens ont publié un petit livre intitulé Comment tout peut s’effondrer (2015), le sujet est à la mode . Les Les auteurs sont régulièrement invités dans les médias pour évoquer la « collapsologie », concept qu’ils ont forgé pour étiqueter cette « science » de la mort des civilisations. Leur postulat de départ n’a rien de farfelu : nous serions au bord d’une grave crise aux motifs complexes et il conviendrait d’ores et déjà de s’y préparer. D’où le titre de leur dernier ouvrage : Une autre fin du monde est possible

Vous dites que notre imaginaire de l’effondrement est fantaisiste. Et que nous y accolons une vision à la fois romantique et centrée sur le quotidien des classes moyennes occidentales…

« Disons que les premières images qui nous viennent en tête quand on parle d’effondrement sont pour beaucoup celles popularisées par la littérature et le cinéma post-apocalyptiques  : des environnements ravagés, des villes désertes dans lesquelles la nature a repris ses droits, ou encore des scènes de désordre généralisé, voire de guerre civile. Or, ces images sont déjà une réalité dans bien des endroits du monde. Non seulement dans des pays dits du tiers-monde (pensons aux nombreux bidonvilles qui jouxtent les mégapoles ou aux pays en proie à des conflits meurtriers tels que le Yémen ou la Syrie), mais aussi en Occident.

Si l’on regarde l’envers des vitrines du capitalisme mondialisé, on peut y voir dans maints endroits – des zones désindustrialisées aux camps de réfugiés en passant par les quartiers pauvres au sein des métropoles – des populations qui (sur)vivent dans des conditions très précaires, lesquelles renvoient précisément à l’imaginaire que l’on peut se faire d’une société effondrée (absence de services publics, manque de revenus, insécurité, malnutrition, pénuries en tout genre, etc.).

La suite icihttp://cqfd-journal.org/Renaud-Duterme-Le-fil-rouge-de-l

22.02.19

Istacec

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