Le grand retour de l’État




Partout, il est néanmoins frappant de constater la rapidité et l’ampleur de l’action publique envers et contre un dogme que l’on disait inattaquable à l’ère de la mondialisation : la liberté des marchés, du transport international et de la mobilité.


On le disait désuet. Dépassé par la mondialisation. Arc-bouté sur d’illusoires frontières. Incapable d’agir contre les forces économiques et culturelles de notre temps. C’était une erreur : en 2020, l’État fait son grand retour.

Les conséquences économiques du coronavirussont difficiles à prévoir. Quand les marchés rebondiront-ils après leur effondrement ? Une politique budgétaire expansionniste suffira-t-elle à éviter que se prolonge l’inévitable récession ? Tout dépendra de la réaction des agents économiques et de notre capacité collective à juguler la pandémie.

Sur le plan politique, en revanche, une double observation s’impose déjà : lorsqu’une crise éclate, seul l’État peut agir avec l’autorité nécessaire et, à l’inverse de ce qui a souvent été dit ou souhaité, celui-ci demeure en pleine possession de ses moyens.

Les agences de santé publique, les hôpitaux et l’aide sociale d’urgence sont autant de structures qui forment ce que Pierre Bourdieu appelait la « main gauche » de l’État, celle qui protège les individus contre les vicissitudes de la vie, de la société ou de la nature. La COVID-19 ne pourra être vaincue que grâce à ces structures construites sur plusieurs siècles par des administrateurs, des partis politiques et des mouvements sociaux.

La suite ici :Le grand retour de l’État

16.03.20

Istacec

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