Le « monde d’après » est repoussé à plus tard



 

 


Au début du confinement, l’on se prenait à imaginer un monde plus écologique, plus solidaire. Puis est venue la crise économique, et le « vieux monde » a repris le dessus.

 

 


Breaking news ! Le nombre de malades du coronavirus passe pour la première fois au-dessous du nombre de personnalités ayant rédigé une tribune sur « le monde d’après » (source : OMS). Repérée sur les réseaux sociaux, cette blague tourne en dérision la frénésie tant statisticienne qu’éditoriale du moment. Elle en dit long aussi, hélas, sur les désillusions actuelles.

Au début du confinement, l’on se prenait à imaginer un monde nouveau, plus écologique, plus solidaire. Puis est venue la crise économique, d’une violence inouïe, et le puissant « vieux monde » a repris le dessus. Les matins qui chantent et autres « jours heureux », comme les a qualifiés Macron, sont devenus sujets de plaisanterie.

Non sans arguments, certains ont commencé à remettre en question l’idée selon laquelle le virus serait l’enfant d’un système écologiquement déréglé par le culte du tout-marché : la grande peste, la grippe espagnole et bien d’autres pandémies historiques n’ont certes pas attendu la mondialisation néolibérale pour semer la mort. Mais c’est oublier que la déforestation favorise les contacts de l’homme avec les animaux sauvages, que le dégel du permafrost peut libérer des microbes disparus, que la biodiversité perturbe la circulation « normale » des virus dans le monde animal… Autant de nouveaux risques épidémiques sérieux.

Dans les esprits des dirigeants politiques et économiques, c’est l’urgence du redémarrage qui s’impose désormais, contre tout le reste. Pour eux, la priorité n’est pas de rêver d’un monde plus juste et plus respirable, mais de sauver la production, l’emploi, la cohésion sociale. Le « monde d’après » ? Plus tard !

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3.05.20

Istacec

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