Le MR est fâché


MR

 

 

 

L’argument du MR et ses attaques contre la presse sont les mêmes que ceux de Trump, d’Orban, de Salvini, de Bolsonaro, de tous les populistes et candidats tyrans de la planète bleue, brune ou noire. On ne peut pas être sceptique face à la politique libérale ; on doit la soutenir. Si on ne le fait pas, c’est qu’on est malhonnête. CQFD.

 


Même si, dans la comédie politique, il est d’usage de crier victoire quels que soient les résultats, le MR peut difficilement masquer que les élections communales ont été un échec, voire un désaveu. Désaveu d’une politique libérale agressive, mais plus encore d’une soumission à la N-VA. Depuis l’été, plusieurs ténors du parti ou de ses succursales sont montés au créneau pour défendre le bilan de Charles Michel, justifier ses choix, masquer ses incohérences… et surtout, noyer le poisson en cherchant à discréditer toute contestation.

Il y avait eu Richard Miller qui, dans une interview embarrassée, appelait les universitaires à « soutenir le pouvoir », comme s’il n’y en avait qu’un, de pouvoir : celui de l’exécutif. Début de l’été, ce fut le tour de Corentin de Salle, directeur du centre Jean Gol, de tirer sa petite rafale contre ces idiots qui s’indignent et se laissent submerger par l’émotion. Le week-end dernier, on a grimpé dans la hiérarchie, et ce fut le tour de Louis Michel de venir pleurer : «  C’est pénible, dès que quelque chose est bon, ce n’est pas grâce au gouvernement  ».

Logiquement, les avocats du MR avancent les points positifs du bilan du gouvernement Michel. Un bilan résolument libéral, qui a favorisé les plus riches, les employeurs, qui a apporté sa pierre au détricotage des services publics, œuvré au sous-financement de la justice ou des services de l’administration fiscale – rendant la lutte contre la grande fraude inopérante –, creusant le fossé des inégalités et jouant à tout va la carte sécuritaire. Bien sûr, il y a des points positifs, et ce serait idiot de le nier ; certains sont en partie dus aux décisions du gouvernement Michel, mais la plupart sont soit le résultat de politiques engagées par les gouvernements précédents, soit celui d’une conjoncture internationale favorable, soit encore le fruit d’un pari sur une croissance et des rentrées (grâce au taxshift magique) qui pourraient bien ne pas être au rendez-vous.

Tous les gouvernements européens, aujourd’hui, appliquent cette politique fondée sur l’austérité (que les économistes les plus renommés contestent toujours davantage), la privatisation, un libéralisme réduit à sa simple dimension économique – où l’individu est roi et aussi peu solidaire que possible –, et le sécuritarisme basé sur la peur de l’immigration et des étrangers.

La suite ici :  https://plus.lesoir.be/189062/article/2018-11-11/chronique-le-mr-est-fache

12.11.18

Istacec

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