Le néolibéralisme existe: on peut le définir, l’observer et le dépasser


néolibéralisme

Affirmer que le néo-libéralisme « n’existe pas » participe d’une dépolitisation du débat, et de la confiscation démocratique qui, justement, constitue une marque du néolibéralisme. Il en va de même du slogan « il n’y a pas d’alternative », de l’idée que les politiques menées ne sont pas de nature idéologique, ou du procédé consistant à réduire des politiques publiques qui touchent au plus près chaque citoyen (santé, pensions, travail, justice) à une simple affaire d’équilibre financier relevant d’une approche exclusivement gestionnaire – et qui serait donc hors de portée du commun des mortels.


Le terme de néolibéralisme n’est pas une injure. Il existe d’abord parce qu’on peut le définir : il s’agit d’un courant idéologique, analysé et documenté par les historiens de la pensée et qui se démarque de la doctrine libérale classique. Le terme désigne aussi les politiques publiques qui s’en inspirent et qui se déploient sous des configurations politiques diverses. Elles se caractérisent par une libéralisation et une privatisation de fonctions assurées par le secteur public, par une dualisation sociale de l’accès à ces fonctions, et par une confiscation démocratique des enjeux liés à ces secteurs.

L’une des conséquences de ces politiques est d’accroître la compétition entre toutes et tous, et de répandre parmi les citoyens un sentiment d’insécurité économique et sociale, et de peur. C’est le cas notamment lorsqu’en cherchant à « responsabiliser », il individualise des enjeux collectifs, et fragilise ceux dont la situation objective nécessite de pouvoir s’appuyer sur des mécanismes de solidarité. Si en outre le pouvoir canalise ces émotions populaires par l’identification de boucs émissaires (l’allocataire social « fraudeur », l’étranger, le migrant…) pour appliquer des politiques liberticides, le néolibéralisme contribue à mettre en place les fondements d’un régime autoritaire.


La suite ici : Le néolibéralisme existe : on peut le définir, l’observer et le dépasser (OPINION)

17.02.18

Istacec

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