Le nouveau visage du Parti conservateur britannique






Avec l’arrivée au poste de Premier ministre en juillet 2019 de Boris Johnson, qui joint désormais sa voix à celle des «hard brexiters», cette dérive populiste aux accents antiparlementaires a pris un nouvel élan qu’a encore favorisé l’incapacité réelle du Parlement –qui a voté trois fois contre l’accord de retrait de Theresa May et retardé le vote sur celui de Boris Johnson– à sortir de cette crise.



Le référendum du 23 juin 2016 n’a pas seulement bouleversé l’équilibre constitutionnel du Royaume-Uni: il a aussi radicalement transformé les valeurs sur lesquelles le Parti conservateur britannique s’est construit. Les tories, qui s’étaient jusque-là posés comme une formation responsable, se sont dernièrement mués en parti dénonçant l’establishment et le Parlement. Ils s’érigent désormais comme le nouveau «parti du peuple», suggérant ainsi la nécessité d’une forme de démocratie plus directe qui s’accorde mal avec le système représentatif dans lequel il a toujours prospéré.

Au cœur de ce nouveau populisme figure un discours inédit qui accuse le Parlement de Westminster d’être entièrement responsable de la paralysie constitutionnelle caractérisant le processus législatif britannique sur les modalités de la sortie du pays de l’Union européenne.

Depuis le référendum, c’est une nouvelle conception de la souveraineté nationale qui émerge. Alors que les partisans du «Leave» avaient construit leur campagne autour de la nécessité de restaurer la souveraineté du Parlement de Westminster, seul principe constitutionnel hérité du Bill of Rights de 1689, le référendum a de son côté érigé le peuple comme nouveau dépositaire de la souveraineté britannique.

1.11.19
Istacec

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