Le prix des médicaments



Il existe une suite moins connue à l’affaire de la thalidomide. En réalité, cette molécule a des propriétés antitumorales et augmente l’espérance de vie des malades de manières très significative dans certains cancers hématologiques graves. Une autorisation de mise sur le marché a été délivrée par les autorités européennes en 2008. Bien que le brevet soit tombé dans le domaine public, ce médicament est aujourd’hui fabriqué par quelques grands laboratoires : compte tenu de l’étroitesse du marché, ce produit n’est ni produit, ni commercialisé comme un générique, le prix d’une cure est d’environ 2 800 €, avec quelques variations suivant les pays.

L’argumentaire est bien rodé : l’industrie pharmaceutique serait en crise, les coûts de la recherche sont élevés. Une part importante des molécules n’arrivera jamais sur le marché, les brevets doivent être déposés tôt, le plus souvent avant les essais de phase 1, alors qu’environ 32 % des dépenses sont déjà engagées à ce stade (Wikipédia). Les bénéfices attendus sont trop limités ou les effets secondaires sont parfois plus importants qu’attendu. Les tests qui s’allongent rendent la période de rentabilité des brevets plus courte.

Ces arguments seraient recevables si le taux de rentabilité de l’industrie pharmaceutique dans le monde ne restait l’un des plus élevé de l’industrie, avec près de 20 % de retour sur capitaux propres en 2012 (Forbes).

La suite ici : Le prix des médicaments, par Michel Leis – Blog de Paul Jorion

Istacec

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