Dans le monde du travail, le spectre de Taylor rôde encore


Taylor

Alors que les débats sur la loi El Khomri à l’Assemblée nationale divisent la gauche, les principes du taylorisme régentent encore le monde du travail, malgré les promesses d’autonomie. Une organisation « scientifique » du travail qui veut en finir avec le collectif.

« Nous serions capables d’éteindre le soleil et les étoiles parce qu’ils ne versent pas de dividendes » (Keynes, 1933). Quatre-vingts ans après la victoire du Front populaire, l’organisation «scientifique» du travail (OST), promue par Taylor, règne encore. A l’époque du toyotisme, du benchmarking, de l’organisation horizontale, de la flexibilité et de la « culture du potentiel », on pourrait s’en étonner. Les innovations, en matière de management, ne sont que les métamorphoses d’une même volonté politique et sociale de toujours davantage «plier» l’homme aux nécessités des machines, des entreprises et des productivismes. Les changements, depuis Taylor, proviennent simplement des métamorphoses du système technicien de management, rendues nécessaires par l’extrême numérisation des données, la « virtualisation » des tâches, l’infiltration de l’informatique dans le tissu des « métiers ». Mais les principes avancés par Taylor, organiser, contrôler, évaluer, demeurent plus que jamais opérationnels. Des nouvelles formes sociales des évaluations professionnelles aux groupements hospitaliers de territoires (GHT) en passant par le New Public Management, il s’agit toujours davantage d’en finir avec le travail d’équipe et l’éthique des métiers.

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Istacec

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