Le streaming, un flux pauvre en tunes



Par Ana

Neil Young | a annoncé | le retrait de ses albums des sites de streaming Spotify, Apple Music, Deezer.

Ce n’est pas une question d’argent, précise-t-il, tout en admonestant le fan sur sa page Facebook: « Copiez mes chansons si vous voulez. C’est gratuit. C’est vous qui voyez. »

Non, le streaming n’est pas gratuit. Un abonnement Spotify, sans pub, coûte 10 € par mois. Il n’est pas assez cher? Je suis d’accord. Il devrait l’être deux fois plus. Mais il n’est pas gratuit. Neil Young donne l’impression de mettre dans la même pochette streaming et téléchargement illégal sans donner l’air d’y toucher. Peut-être même met-il dans le même coffret tout ce qui n’est plus 1999.

Taylor Swift, elle aussi, est en guerre contre Spotify, estimant que le streaming n’offre pas de rémunération suffisante. Ses griefs sont clairs.

La mélomane au budget de néophyte qui écrit ces lignes s’en tamponne le coquillard de la superperte de superqualité sonore critiquée par Neil. Elle écoute Spotify sur un iPad auquel elle a connecté son JBL Darth Vador rouge.

Bien sûr, chez ces amis qui ont racheté une platine, je perçois la différence, on n’est pas des bœufs, contrairement à ce que semble penser Neil Young de ses auditeurs, qu’il n’hésite pas à priver de sa musique pour punir l’industrie.

Pour être honnête, l’absence de Neil ne change pas grand-chose pour moi; pour seule référence j’ai cette reprise de Roxy Music. Je regrette, en revanche, l’absence de Peter Gabriel, qui n’hésite pas lui à parler gros sous, reprochant à Spotify de faire la part belle à l’industrie aux dépens des artistes. Là aussi c’est clair.

En parlant de gros sous, et pour en revenir à notre discussion, Neil, je suis d’une génération vinyle. Alors, vous comprenez, après avoir acheté des dizaines de vinyles, des dizaines de CD, des centaines de m4p (protégés ou verrouillés, selon le point de vue) sur iTunes et des aac ensuite (parfois les mêmes), j’ai accueilli Spotify avec soulagement. À la première pub, je remplissais le formulaire d’abonnement. Combien de fois allais-je devoir racheter l’intégrale des Beatles (eux aussi absents de Spotify)? Mon tonneau des Danaïdes était plein. Vive le flux!

Aussi imparfait que soit le streaming, plus que sa qualité sonore c’est son modèle économique qu’il est urgent de parfaire pour le rendre plus juste. C’est aussi l’avis de Neil, derrière les offenses faites à la grandeur de son œuvre.

Illustration : http://www.schoolphotoproject.com

Ana

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.