Le trumpisme n’est pas le seul avenir de l’Amérique




Alors que Barack Obama souhaitait renforcer le système d’alliances pour permettre aux Etats-Unis de réduire leur implication directe dans les crises géopolitiques, Donald Trump souhaite, lui, libérer son pays du poids et des contraintes de ces alliances car elles forcent les Etats-Unis à agir contre leurs intérêts. Pour Obama, le multilatéralisme devait faire partie de la solution ; pour Trump, le multilatéralisme est le problème.


Trump ne serait que la continuation d’Obama en politique étrangère, les deux étant le produit d’une Amérique fatiguée des « guerres sans fin », déçue par des alliés ingrats, aspirant à se recentrer sur elle-même pour affronter le seul adversaire à sa mesure : la Chine.

La présidence Trump est bien l’incarnation d’une Amérique qui s’interroge sur les objectifs de sa politique internationale et sur son rôle dans le monde. Les doutes et les divisions quant aux interventions militaires, au rôle des alliés, et à la possibilité d’un « désengagement » traversent les deux grands partis. Il faut reconnaître à Donald Trump d’avoir provoqué le plus large débat américain sur la politique étrangère depuis plusieurs décennies. D’autres éléments de continuité existent entre les présidences Obama et Trump : critique de l’establishment washingtonien en matière de politique étrangère, insistance pour un nouveau partage du fardeau transatlantique, réorientation des priorités vers la Chine, et volonté de mettre fin aux engagements militaires de longue durée au Moyen-Orient.

Une vision qui peut cependant devenir simplificatrice et, à terme, conduire à de mauvaises interprétations et anticipations. D’abord, parce que la continuité Obama-Trump est plus complexe qu’il n’y paraît, et qu’elle ne saurait prédire des choix futurs des administrations américaines. En France, le traumatisme de l’été 2013, lorsque la « ligne rouge » fixée sur la Syrie n’a pas été respectée par Barack Obama, est perçu comme l’illustration-clé d’une volonté de « retrait » des Etats-Unis, qui continue aujourd’hui sous Donald Trump. Si les politiques étrangères d’Obama et de Trump font écho aux mêmes inquiétudes dans la population américaine, l’ancien et le nouveau président ne partagent pas la même analyse du monde, et ne proposent pas la même réponse.

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11.02.20

Istacec

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