« Le viol de guerre est une arme à déflagrations »


viol

 

Le viol de guerre est une arme à déflagrations multiples. Denis Mukwege a une formule assez explicite : il parle de métastases d’un cancer. Il y a bien-sûr le traumatisme physique et psychologique, mais aussi tous les autres effets dominos du viol. C’est dans le domaine aussi de la « réinsertion » des victimes que la communauté internationale doit intervenir.

 

 


Après l’attribution du Prix Nobel de la Paix à Denis Mukwege et Nadia Murad, la présidente de « We Are Not Weapons of War » réagit.

Peut-être que le mouvement MeToo n’est pas totalement étranger au fait, justement que le Comité Nobel norvégien ait choisi d’honorer cette année un médecin qui répare les femmes et une victime de viols de guerre. On ne peut que s’en féliciter et espérer que cela va enfin permettre de prendre conscience de ce fléau, de débloquer des moyens financiers, de mettre en place de nouveaux dispositifs d’aide aux victimes. Denis Mukwege en a déjà reçu beaucoup, des prix : Sakharov, Nobel alternatif, Primo Levi, Olaf Palme, Fondation Clinton… Il est aussi docteur Honoris Causa de plusieurs universités [Angers, Louvain, Liège, NDLR]. Mais sur le terrain, en République démocratique du Congo (RDC), la situation n’évolue pas. Pour cent femmes, victimes de viols, une ou deux seulement arrivent, après des jours de marche, à atteindre l’hôpital de Panzi à Bukavu, où Denis Mukwege opère.

Vous sous-entendez que le viol utilisé comme arme de guerre n’est pas encore suffisamment pris en compte par les instances internationales ?

Le viol des femmes, mais aussi des hommes, utilisé comme outil dans les conflits ou sur les routes migratoires s’est généralisé. C’est une arme devenue folle, l’arme des vainqueurs. Cela a toujours été le cas. Mais il s’est systématisé  dans les années 1990, avec la guerre en Bosnie qui s’est accompagnée de la mise en place de camps de viol où les musulmanes étaient « purifiées » grâce au sang serbe, et avec le génocide au Rwanda, où le viol a été jugé constitutif du crime contre l’humanité.

La suite ici  : « Le viol de guerre est une arme à déflagrations »

7.10.18

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.