Le Yémen victime de l’affaire Khashoggi?


Yemen

 

 

Mohammed Ben Salmane, en bon autocrate, est convaincu que l’écho planétaire donné à l’affaire Khashoggi n’est que le fruit d’un vaste complot aux sombres ramifications. Loin d’y voir matière à réviser sa propre politique, il n’en sort que plus déterminé à obtenir un succès trop longtemps attendu sur le dossier yéménite. C’est ainsi le Yémen, déjà ravagé par trois ans et demi de guerre, qui risque bien de payer le prix fort de l’affaire Khashoggi.

 


De nombreux diplomates et décideurs espéraient que Mohammed Ben Salmane, le prince héritier d’Arabie saoudite et le véritable « homme fort » du pays, serait suffisamment ébranlé par l’affaire Khashoggi pour adopter une posture plus conciliante dans la crise yéménite. C’était bien mal connaître celui que l’on surnomme par ses initiales MBS et qui a justement lié sa montée en puissance, en Arabie même, à la guerre déclenchée au Yémen en mars 2015.Officiellement menée pour rétablir l’autorité du président yéménite Hadi, élu en 2012 et exilé depuis 2015 à Riyad, la campagne aérienne de l’Arabie s’appuie sur un fort engagement au sol des Emirats arabes unis, alliés à un rassemblement hétéroclite de milices locales, y compris jihadistes.

Le président américain, dans son hallucinante déclaration du 20 novembre sur l’Arabie saoudite, n’a pas ouvert ses propos par l’affaire Khashoggi, mais bel et bien par le Yémen, endossant sans réserve la thèse de MBS: « L’Amérique d’abord. Le monde est un endroit très dangereux. C’est ainsi que l’Iran est responsable d’une sanglante guerre par procuration contre l’Arabie saoudite au Yémen ». Trump ajoute peu après: « l’Arabie saoudite se retirerait volontiers du Yémen si l’Iran acceptait de le quitter ». Dans cette allocution où le peuple yéménite et ses souffrances ne sont pas mentionnés une seule fois, le président américain refuse de trancher sur la responsabilité de MBS dans l’assassinat de Khashoggi, une affaire présentée comme secondaire face à l’importance stratégique des relations américano-saoudiennes.

La Maison-blanche évacue ainsi la dynamique proprement yéménite du conflit en cours  pour le réduire à un simple affrontement « par procuration » entre l’Arabie saoudite et l’Iran, dont les Houthistes, au pouvoir à Sanaa, ne seraient qu’un instrument. C’est exactement la position sur laquelle campe Riyad

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Istacec

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