L’économie rationnelle de la migration  ! John Common Jr.



Sirotant mon expresso macchiato matinal, je découvris avec délice l’annonce de la parution d’un opus du plus néoconservateur des politiques-médecins belges [1]. Alain Destexhe [2] propose donc une “analyse” de la question migratoire qui s’inscrit parfaitement dans la lignée du discours du reste de l’extrême droite européenne, laquelle forme désormais un large groupe puisqu’elle a bénéficié de l’apport de la plupart des partis autrefois libéraux.


Bien sûr, cet intellectuel de haut vol aborde la question du “Grand Remplacement” qui, il faut le dire, reste la théorie la plus efficace lorsqu’il s’agit d’effrayer le ménage moyen, singulièrement s’il est âgé et réside dans les zones périurbaines et rurales où le taux de mixité d’origines est proche du zéro absolu. Mieux, il n’en reste pas là et propose une série de “contrôles stricts” sur l’immigration ainsi que l’adoption (officielle) du système de “push back” pratiqué en Australie. Il a en effet beaucoup appris de ce pays qui a si bien compris que, pour éviter que les noyades de migrants n’émeuvent trop l’opinion publique, il suffisait de les envoyer se faire tuer ailleurs, loin des zones géographiques fréquentées par les journalistes et les chercheurs. Il a bien raison : un cadavre de migrant en Libye ne sera jamais identifié par personne, alors qu’en Méditerranée, outre le risque d’un désagréable échouage sur une plage touristique, subsiste le risque d’une recension par une quelconque ONG. La mort en Libye est statistiquement invisible. Or, il n’est de problème qui ne se compte pas [3].

Faut-il le rappeler, Destexhe est membre du Mouvement réformateur (MR), un parti dont la réputation en Europe est largement due aux sorties en faveur des “droits humains” et autres engagements du même ordre du bouillant Louis Michel, eurodéputé et ancien Commissaire européen à l’aide internationale, à l’aide humanitaire et à la réaction aux crises. Dès lors, se pose forcément la question d’un divorce interne, d’une scission idéologique : comment concilier le parti pris dit “social-libéral” d’une immigration bien sûr régulée mais de flux relativement importants vanté par des personnalités comme Michel (père) avec le positionnement de M. Destexhe, qui le place aux côtés de Théo Francken (NVA) – lequel a activement doré le blason du néofascisme durant son passage au gouvernement belge – ?

La suite icihttp://www.revuenouvelle.be/L-economie-rationnelle-de-la-migration

2.02.19

Istacec

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