«Les défis auxquels nous devons faire face se moquent des frontières»


défis

 

L’historien israélien est devenu incontournable après ses conférences très populaires et les succès mondiaux de «Sapiens» et «Homo Deus». Dans son dernier essai publié à l’automne, il s’intéresse à la crise des systèmes démocratiques, notamment face à la montée des nationalismes. Si le tableau n’est pas très reluisant, le penseur se refuse à tout défaitisme.

 

 


Cette impression de crise et de rupture perpétuelle vient du fait que les changements très rapides auxquels nous sommes confrontés nous mettent au défi d’apporter des réponses inédites à des problèmes gigantesques. Autrefois, les humains avaient une connaissance limitée du monde, le savoir évoluait très graduellement et c’est la raison pour laquelle les changements étaient lents. A l’inverse d’aujourd’hui où l’inflation d’outils de plus en plus puissants confrontés à une masse de connaissances exponentielle les rendent vite obsolètes.

Nos modèles éprouvent les pires difficultés à s’adapter aux grands défis de notre temps comme le réchauffement climatique ou le déferlement d’intelligences artificielles prenant de plus en plus de décisions à notre place. Donald Trump est dangereux parce que, plutôt que d’affronter cette complexité croissante, il vend à ses électeurs des contes nostalgiques. La plupart des gens n’aiment pas les changements et ont peur de l’inconnu. Ils veulent de la stabilité, se sentir à l’abri dans une identité forte, qui donne du sens à leur vie. Nombre de dirigeants l’ont bien compris et font la part belle au nationalisme et à la religion en promettant le retour à un passé prétendument glorieux.

Si le nationalisme fournit un cadre utile pour diriger une nation, il n’a aucun plan pour gérer le monde. On n’a jamais vu, dans l’histoire, des forteresses coopérer de manière bienveillante. Toutes les tentatives de diviser le monde en des nations fermées ont abouti à des guerres et des génocides. En refusant l’idée qu’il puisse exister des valeurs universelles et des modes de régulation supranationales, les nations ne seront plus régies par aucune règle commune. Or, les défis auxquels nous devons faire face se moquent des frontières. Quelle est la puissance qui va pouvoir empêcher un conflit nucléaire, stopper le dérèglement climatique ou régler les bouleversements provoqués par l’accélération technologique ? Chaque fois qu’un dirigeant dit «mon pays d’abord», nous devrions lui rétorquer : comment votre pays peut-il seul conjurer tous ces dangers ?

La suite icihttps://www.liberation.fr/debats/2019/01/18/yuval-noah-harari-les-defis-auxquels-nous-devons-faire-face-se-moquent-des-frontieres_1703850

27.01.19

Istacec

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