Les dilemmes de l’Europe nordique


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Les élections législatives du 9 septembre 2018 pourraient bouleverser le paysage politique en Suède. Le parti national-populiste menace les sociaux-démocrates. Les mutations de l’État-providence et l’immigration ont modifié en profondeur le paysage social et politique.

 

 


Depuis maintenant une vingtaine d’années, la situation politique dans les pays nordiques semble être devenue de plus en plus instable. Sans doute est-ce un constat plus marquant par contraste avec «l’oasis» de stabilité politique, à dominante social-démocrate, qu’a longtemps constitué cette région nordique. D’aucuns considéreront cependant qu’il faut remonter aux années 1970 pour comprendre les origines de cette déstabilisation progressive, avec l’avènement des partis du progrès danois et norvégiens [1], les premières dissensions sur le projet européen et les effets d’une conjoncture économique et idéologique profondément renouvelée. Les transformations qui en ont découlé sont indéniables et ont alimenté une littérature considérable, mais avec en toile de fond la conviction d’une capacité d’ajustement prononcée des pays nordiques aux défis de la mondialisation, et de la survivance d’un modèle économique et social particulier (pour une synthèse, voir Aucante, 2013).

Or depuis deux décennies, cette représentation est mise à mal. Certes les pays nordiques ont des résultats toujours relativement enviables en matière d’emploi, de limitation de la pauvreté et de certaines inégalités. Hormis en Finlande, les taux de chômage se situent aujourd’hui entre 3 (Islande) et 5-6% et si les inégalités de revenu ont augmenté, elles restent toutefois parmi les plus faibles de l’OCDE [2]. Les performances économiques ont été variables mais, en dehors de l’Islande, les pays de la région ont plutôt bien traversé la crise financière après 2008. La Norvège se situe depuis longtemps dans une classe à part en raison de ses ressources énergétiques, une manne qui profite indirectement – on l’oublie très souvent – à l’ensemble de l’aire nordique en créant notamment de l’emploi. Mais des réformes incessantes ont profondément transformé l’architecture de l’État providence et des services publics, sans pour autant susciter un consensus, et la question du périmètre de la citoyenneté et de la solidarité face aux flux migratoires est devenue de plus en plus sensible, en particulier au Danemark et en Suède.

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9.08.18

Istacec

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