Les économistes contre le peuple







En fait, la bonne conscience des économistes, et des politiciens qu’ils conseillaient, leur chuchotait de manière bien opportune que les inégalités étaient une fatalité – par définition hors de leur contrôle-, une sorte de sécrétion inéluctable du capitalisme, de la globalisation, et aujourd’hui des progrès fulgurants de la technologie et de la robotisation.




Franklin Delano Roosevelt avait en son temps renvoyé John Maynard Keynes, un des économistes les plus influents et les plus brillants du XXème siècle, qualifié de «mathématicien peu pratique» par ce Président. Dans son allocution d’adieu, Eisenhower avait quant à lui mis en garde ses concitoyens à l’encontre des technocrates au pouvoir, ceux-là mêmes qualifiés  tout récemment par Emmanuel Macron de constituer un «Etat profond».

En somme, alors que le Congrès ne consultait qu’exceptionnellement cette corporation plus ou moins dédaignée et qui devait – de l’aveu même de Keynes – ne pas se considérer supérieure aux dentistes, les économistes prirent le pouvoir dès le milieu des années 1950 puisque leur nombre devait passer de l’ordre de 2’000 à plus de 6’000 salariés au sein de l’administration US en 20 ans !

Embauchés, dans un premier temps, afin de rationaliser l’organisation gouvernementale et l’application de sa politique, ils étendirent progressivement leurs tentacules jusqu’à la prise en charge de la définition même de la politique du pays. Dérégulation de la plupart des secteurs de l’économie, faveurs et largesses accordées aux entreprises fleurons du pays, opposition farouche au concept de salaire minimum : ces économistes partaient du principe qu’une société plus égalitaire aurait un impact défavorable sur la croissance nationale, et que cette même croissance ne serait pérennisée qu’à la faveur d’un rétrécissement des pouvoirs de l’Etat.

La suite ici : Les économistes contre le peuple – Michel Santi

31.08.19

Istacec

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