Les études de genre, un savoir en danger ?


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En Hongrie, deux universités ont perdu leur accréditation pour des programmes concernant le sujet. De la Pologne à la Turquie, des Etats-Unis à la France, les chercheurs subissent pertes de financement, mais aussi tentatives d’intimidation. Pourquoi le «genre» préoccupe-t-il tant les projets populistes et les extrémistes actuels ?

 


En août, le gouvernement Orbán a annoncé la révocation de l’accréditation accordée aux programmes de maîtrise en études de genre. Ces formations sont actuellement offertes par deux institutions : la Central European University (CEU), liée au milliardaire George Soros, et l’université publique Eötvös Loránd (ELTE). Si cette décision ne met pas fin aux recherches sur le genre, elle risque de porter un coup fatal au développement de ce domaine d’études et menace de manière directe la transmission de ces savoirs. Elle constitue une ingérence directe du gouvernement dans l’organisation des études supérieures, sans consultation des autorités académiques. A ce titre, il s’agit d’un précédent dangereux en Europe.

our ces différentes raisons, de nombreux acteurs ont écrit aux autorités hongroises pour manifester leur inquiétude et leur indignation : ministres, recteurs et autorités académiques, associations professionnelles, programmes d’études et chercheur·e·s en études de genre et en sciences humaines, plusieurs à l’invitation de l’Internationale du genre, un réseau nouvellement créé pour résister aux attaques contre ce domaine d’études. Sans dévoiler ses plans pour le futur ni justifier ce silence, le gouvernement hongrois n’a toujours pas pris de décision alors que celle-ci était annoncée comme imminente et que l’année académique vient de commencer.

La Hongrie n’est pas un cas isolé et, si le projet hongrois est adopté, il fera tache d’huile. La liberté académique et la légitimité des savoirs universitaires sont en effet menacées dans de nombreuses parties du monde, en particulier, en sciences humaines. Partout, comme l’a montré le colloque Perilous Knowledge. Gender and Sexuality Scholars at Risk in Europe, les études de genre payent un tribut élevé. Ainsi, les programmes d’enseignement sur le genre ont quasiment disparu en Pologne ou en Russie et n’ont jamais véritablement existé en Italie.

La suite ici : https://www.liberation.fr/debats/2018/09/25/les-etudes-de-genre-un-savoir-en-danger_1681158

28.09.18

Istacec

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