Les évangéliques blancs, fer de lance du trumpisme



L’élection présidentielle américaine a montré que les protestants évangéliques blancs (WEP) demeuraient le fer de lance du trumpisme et la colonne vertébrale du parti républicain. Alors qu’ils ne sont que 18% de la population ils représentent environ le quart des électeurs. Leur mobilisation électorale est demeurée très supérieure à la moyenne. À la veille de l’élection, 90% d’entre eux déclaraient être certains d’aller voter et près de 80% ont voté en faveur de Donald Trump


Le groupe des WEP ne donne pas seulement au parti républicain ses électeurs, il lui fournit aussi sa colonne vertébrale idéologique dont l’élément central est la défense de la suprématie blanche. C’est sur ce thème que s’est nouée sa rencontre avec Trump, qui représente à ses yeux l’envoyé de Dieu chargé de défendre la vision de la société qui est la sienne.

Robert Jones, qui dirige l’Institut public de recherche sur le religion  et qui est l’auteur de l’ouvrage White Too Long: The Legacy of White Supremacy in American Christianity paru en juillet 2020,  estime que l’attachement des WEP à Donald Trump ne lui est pas acquis malgré son appel à la préservation de la suprématie de la race blanche mais à cause de lui.

L’American Values Survey de septembre dernier montre par exemple que l’écrasante majorité des évangéliques blancs estiment que les meurtres d’afro-américains ne sont que des incidents isolés. Ils rejettent l’idée que l’esclavage et la longue discrimination dont ils ont été l’objet puisse expliquer la difficulté des Noirs à réussir dans la société américaine.

Il faut se rappeler que les WEP ont abandonné le parti démocrate après le Voting Rights Act de 1960 et sont devenus une force politique active au début des années soixante-dix pour défendre le ban on interracial dating (interdiction de fréquentation interraciale) instauré en 1950 à la Bob Jones University – une université chrétienne évangélique fondamentaliste privée – et supprimé seulement en 2000. La direction de cette université avait justifié à l’époque cette interdiction avec l’argument selon lequel ce n’était pas un hasard si Dieu avait créé des Blancs et des Noirs. La BJU n’a pas admis d’étudiants noirs jusqu’aux années soixante-dix.

Les évangélistes blancs sont également en pointe pour défendre l’interdiction de l’avortement, qu’ils n’ont considéré comme étant un enjeu politique qu’au début des années quatre-vingt pour en faire ensuite l’un de leurs chevaux de bataille (voir l’article d’Olivier Galland sur Telos du 22 octobre 2019). Ils estiment que la société américaine est devenue trop « soft and feminine » et s’opposent au mariage entre personnes du même sexe.

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1.12.20

Istacec

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