Les fausses nouvelles, un symptôme de la privatisation de la vérité





Le flot de vérités alternatives relayées par les réseaux sociaux insinue l’idée que, désormais, la vérité n’est plus qu’une question d’interprétation. À une époque où les médias et les responsables des partis de gouvernement sont souvent suspectés de mensonges –parfois à tort ou parfois à juste titre–, que des leaders populistes se jouent de la vérité, ou même inventent une réalité alternative,  n’engendre pas de discrédit auprès de leurs électeurs et électrices.






L’épopée des «gilets jaunes» a été jalonnée de propos baroques et de fausses informations et Maxime Nicolle en est un relais imperturbable: sur le Pacte de Marakkech (il suggère qu’il accélérerait la venue de milliers d’immigrés), sur l’attentat de Strasbourg du 11 décembre (il le désigne comme une possible diversion organisée par le pouvoir), sur la dette française (il la dénonce comme une «innovation de Rothschild»), et ainsi de suite.

Et pourtant, après trois mois de mobilisations, ce personnage improbable occupe les plateaux de télévision. Il continue de drainer des milliers d’afficionados via ses vidéos. Et sa capacité d’attraction –en tout cas pour organiser les manifestations du samedi– semble intacte. Que penser de ce nouveau mode de leadership?

Le complotisme –idée selon laquelle il y aurait un groupe caché (les juifs, les puissants, les banquiers, les francs-maçons, les musulmans ou même, pourquoi pas, des extraterrestres) qui guiderait le monde, et dont seuls quelques initiés connaîtraient l’existence–, est un phénomène qui a toujours existé. Avant et après la Révolution française, des libelles nourris d’histoires complotistes ont beaucoup fleuri, comme l’attestent les travaux de l’historien Robert Darnton, et de bien d’autres. Toutefois dans la patrie de Descartes, à l’aube du XXIe siècle, cette «conception du monde» semblait totalement marginale. Or elle est en train de s’imposer à plus grande échelle. Elle voisine avec les fausses informations (une information fabriquée de toutes pièces, comme par exemple une photo truquée ou sortie de son contexte), ou les rumeurs malveillantes, interprétations abusives ou totalement erronées d’un fait (par exemple: le traité d’Aix-La-Chapelle, la France s’apprêterait à céder l’Alsace et la Lorraine à l’Allemagne).

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17.02.19

Istacec

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