Les financiers de Francfort osent tout, c’est à ça qu’on les reconnaît!


financiers de Francfort

Il y a quelque chose de pourri dans le royaume des grandes firmes allemandes qui, derrière un discours officiel prônant l’éthique, se comportent comme des gangsters sur les marchés internationaux. Comme dans le monde politique, on constate que toutes les bonnes intentions exprimées dans des règles de bonne gouvernance ne servent strictement à rien. Il convient d’adapter nos systèmes, tant politiques qu’économiques, aux réalités du 21e siècle, où on n’accepte plus que des chefs de banque puissent s’auto-récompenser pour avoir perdu de l’argent.


La Deutsche Bank, c’est un peu le Volkswagen des banques. Elle enchaîne les scandales et acquitte des pénalités pharaoniques pour toutes sortes de manipulations des marchés financiers. Piètres manipulations d’ailleurs, puisque pour la troisième année consécutive, la banque enregistre de lourdes pertes, ce qui n’empêche pas les grands patrons de vouloir s’accorder un bonus encore plus colossal que les pertes opérationnelles en 2017. Le directoire avait prévu de récompenser les 500 millions d’euros de pertes en 2017 par 1 milliard d’euro de boni à ses membres.

Un milliard d’euros pour se féliciter de n’avoir perdu que 500 millions, c’est l’expression la plus perverse du capitalisme. Régulièrement, les banques doivent être sauvées par des deniers publics lors de crises qu’elles ont elles-mêmes provoquées. A se demander si in fine ce ne sont pas les contribuables qui payent ce bonus qui ne peut que choquer le citoyen lambda. Mais pour une fois, les actionnaires n’ont pas suivi.

Après que ce projet ait été dévoilé par les médias, le groupe s’est empressé de déclarer que ces boni n’étaient pas destinés aux membres du directoire, mais aux meilleurs éléments parmi les traders de la banque. Car, comme l’expliquait le grand patron de la Deutsche Bank John Cryan, les traders s’attendent à ces boni et s’ils n’en percevaient pas, les plus performants iraient travailler pour la concurrence. Vu les résultats passés, John Cryan aurait pu se demander s’il ne serait pas préférable que ses spéculateurs d’élite aillent continuer à brûler des millions et des milliards ailleurs que chez lui.


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6.02.18

Istacec

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