Les guerres américaines ne s’arrêtent jamais: elles se privatisent




Les États-Unis sous-traitent de plus en plus la gestion de leurs conflits à des entreprises privées, créant un marché de la guerre qui n’a aucun intérêt à disparaître.


Le président Donald Trump évoque fréquemment sa volonté de rapatrier les troupes américaines de pays comme la Syrie, l’Irak et l’Afghanistan, et de mettre un terme aux «guerres sans fin» dont il a hérité. Mercredi 22 janvier encore, il fanfaronnait: «Nous avons quitté la Syrie.» Ce n’est même pas vrai officiellement, mais le nombre de soldats qui restent n’est qu’une partie de l’histoire. Certaines forces sur le terrain ne sont pas comptabilisées du tout.

Dans un stupéfiant reportage daté du 22 janvier, le New York Times révèle les détails d’une attaque perpétrée le 3 janvier par le groupe de djihadistes somaliens al-Chabab contre une base au Kenya voisin, et qui a tué trois Américains. L’incident a tant inquiété le Pentagone que ce dernier a hâtivement envoyé 100 soldats rétablir la sécurité à la base kenyane de Manda Bay. En revanche, il n’a quasiment eu aucun écho aux États-Unis, peut-être parce qu’il s’est produit après le meurtre d’un autre sous-traitant, en Irak, événement déclencheur du cycle de représailles qui a poussé les États-Unis et l’Iran au bord de la guerre. Deux des trois Américains tués étaient des contractuels civils.

Les États-Unis s’appuient de plus en plus sur des prestataires privés pour un grand nombre d’opérations militaires à l’étranger, ce qui dissimule la véritable ampleur de la portée militaire américaine, et provoque de nombreux nouveaux dangers. Si Trump rapatrie davantage de troupes –le Pentagone serait en train d’envisager un retrait majeur d’Afrique, alors même que les conflits avec des groupes djihadistes en Somalie et en Afrique de l’Ouest s’intensifient– ces sous-traitants pourraient voir leur rôle gagner encore en importance.

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1.02.20

Istacec

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