Les jours perdus de la politique belge






Cette faiblesse démocratique, elle est évidemment aussi une faiblesse dans la gestion du pays. À la différence de la longue crise de 2010-2011, le gouvernement en affaires courantes ne dispose pas d’une majorité à la chambre pour agir. Il doit composer au cas par cas. Ce qui s’est déjà fait. Mais c’est compliqué et ne donne aucune perspective de long terme. Ce dont nous avons besoin pourtant comme de pain…





100 jours depuis les élections. Pourtant, ce chiffre n’est pas celui qui doit le plus nous inquiéter. À l’échelle de l’histoire électorale, il n’est pas particulièrement inquiétant. En 88, en 2007, en 2010, on a eu des formations plus longues. C’est un autre « 100 » qui doit attirer notre attention ce matin. Ce n’est pas le chiffre « 100 », mais le mot sans. La préposition sans, celle qui marque l’absence. L’absence de gouvernement depuis plus de 250 jours. Et, pire que l’absence de gouvernement, l’absence de majorité au sein du gouvernement démissionnaire d’affaires courantes. Cela fait 250 jours que le pays est géré sans légitimité populaire. Avec 38 députés sur 150, c’est une situation de déficit démocratique totalement inédite. Une situation encore symboliquement renforcée par la fuite vers l’Europe de Charles Michel, Didier Reynders et Kris Peeters.

L’autre chiffre du jour, c’est 12 milliards. C’est le déficit attendu en 2024. Attention, c’est pour cette seule année 2024. Ces 12 milliards ne feront que s’ajouter à la longue suite de déficits prévus d’ici là. A commencer par 2019. Une année déjà perdue. Pas seulement à cause des élections, mais surtout à cause de la décision de la NVa de quitter le gouvernement. Plus de 6 milliards d’euros de déficit. Le « good Bestuur » sauce nationaliste a été sacrifié sur la question du pacte de Marrakech.

Ce qu’annoncent les institutions chargées d’observer les comptes public, comme le bureau du plan ou le comité de monitoring, c’est une dégradation sévère. En d’autres mots, c’est un retour en arrière. Après l’effondrement dû à la crise de 2008, on a vécu presque 10 ans d’assainissement budgétaire (Surtout entre 2011 et 2014, un peu moins sous la Suédoise). Ce (très) lent rattrapage va s’effacer dans les prochaines années.

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4.09.19

Istacec

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