Les nouveaux polémistes : mensonges et bruit médiatique


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Moins d’experts et plus de polémistes. De nombreux plateaux de télévision n’ont pas vocation à donner du sens, mais à donner de la voix. Ils sont devenus de formidables tremplins pour les polémistes, notamment pour les jeunes voix de la droite. Analyse de l’historien des médias Christian Delporte.

 

 


C’était il y a six ou sept ans sur un plateau d’une chaîne tout-info. Nous étions cinq, dont un ancien ministre, pour y débattre de droits de l’homme et de propagande. Moins d’une minute avant la prise d’antenne, surgit le dernier invité, un célèbre journaliste de la presse écrite et audiovisuelle. Se tournant vers le présentateur, il lui lança : « de quoi parle-t-on aujourd’hui ? ». L’ignorance du thème du jour ne l’empêcha pas de s’approprier immédiatement la parole, il est vrai avec un certain brio, à défaut de profondeur.

Parler de tout, tout le temps, à la télévision comme à la radio, fut longtemps le monopole des éditorialistes, ce qui les distinguait des « experts » appelés à éclairer le public sur des questions relevant de leur compétence. Certes, ils sont loin, aujourd’hui, d’être absents des studios et des plateaux, mais la percée des talk-shows a favorisé l’arrivée de jeunes intervenants télégéniques qui, contrairement aux précédents, n’ont d’autres choses à faire valoir que leurs passages à la télévision. Leur principale qualité ? Ils sont de « bons clients ». Un « bon client » doit être à l’aise devant un micro ou une caméra, savoir faire preuve de concision et de vivacité, parler avec des mots simples, être concret dans ses réponses, avoir le sens de la formule, ne pas négliger l’anecdote, être tout le temps disponible… Bref, il doit se conformer au rythme et aux règles du spectacle audiovisuel. Mais précisément, depuis quelque temps, ces règles ont changé.

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30.09.18

Istacec

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