Les révoltés de l’an 2019 en quête de dignité et de respect








Où va le monde ? Comment créer un ordre nouveau qui soit plus juste et par là même plus stable à long terme, alors que le système en place est souvent « pourri jusqu’à la moelle » et qu’il est trop tard pour le réformer ? Le problème est d’autant plus difficile à résoudre qu’il y a en 2019 une situation radicalement nouvelle. La demande de dignité des peuples se produit au moment où la situation géopolitique est devenue exceptionnellement instable. Autrement dit, le désordre dans la rue se nourrit du chaos du monde et vice versa. 




Les protestations qui secouent nombre de pays aujourd’hui n’ont souvent pas les mêmes motifs. Mais il y a un fil conducteur : une quête de dignité et de respect.

1848, 1968, 1989 ou 2010-2012 ? Face à une vague de contestation qui a pris le monde par surprise, la tentation est grande de recourir à des analogies historiques. Il y aura bientôt dix ans, la référence au Printemps des peuples de 1848 s’était imposée, presque naturellement, dans le monde occidental pour décrire le mouvement de contestation qui, commencé en Tunisie, avait gagné par capillarité l’Egypte, la Libye, la Syrie…

La référence à Mai 68, présente dans le débat, met l’accent sur la jeunesse des manifestants, la spontanéité de la révolte et l’absence, pour l’essentiel, de leaders politiquement identifiables.

Mais comparaison n’est pas raison. 2019 est différent, unique même, comme peut l’être tout développement historique. En 1968, en France, à l’heure du plein-emploi, c’était un mélange d’ennui et d’utopie révolutionnaire qui poussait la jeunesse à bâtir des barricades. En 1989, c’était à l’inverse l’espoir de trouver la liberté et la prospérité qui poussait les peuples à abattre les murs de l’oppression. En 2019, la colère et le désespoir se sont substitués au rêve et à l’espérance, même s’il existe un espoir raisonnable d’amélioration sensible dans des pays comme le Soudan et l’Algérie.

Il existe pourtant un fil conducteur, une explication commune à toutes les contestations en cours. Ce qui s’exprime partout, à des degrés d’intensité et sous des formes diverses, c’est la quête de dignité et de respect des peuples. Ils ont été trop longtemps humiliés, ignorés, méprisés, par des élites politiques, irresponsables, corrompues et lointaines.

La suite ici : Les révoltés de l’an 2019 en quête de dignité et de respect

29.10.19

Istacec

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