Les vraies failles du populisme




Selon Pierre Rosanvallon, même si la société ne se résume pas à une élite corrompue à laquelle s’opposerait le peuple, il faut penser la représentation au-delà du suffrage.


Prendre au sérieux le populisme ; ne pas se contenter de la dénonciation, de l’indignation, mais répondre sur le fond : c’est l’entreprise de Pierre Rosanvallon, qui fonde sur son intime connaissance des forces et des faiblesses des démocraties l’analyse de cette force montante et redoutable.

On accuse généralement le populisme de dérive autoritaire ou, en termes plus savants, «d’illibéralisme». Aussi justifiée soit-elle, explique Rosanvallon, cette critique ne convainc que les convaincus. Car c’est justement en attaquant le libéralisme que le populisme gagne des soutiens. Et surtout, il ne propose pas de le remplacer par une dictature, comme dans les années 30, mais il se réclame d’une forme démocratique supérieure, qui place au premier rang la souveraineté populaire exprimée par le référendum ou par la victoire irrésistible d’une majorité électorale acquise par le recours aux affects et aux simplifications programmatiques.

On lui oppose les démocraties existantes et on le définit comme une pathologie, comme si les régimes où il se développe étaient des modèles achevés, sans grave faiblesse ni injustice, comme si la crise de la représentation qu’on observe partout n’était qu’un mal passager dont profiteraient les démagogues pour imposer leurs dangereuses conceptions. Il faut aller plus loin, dit Rosanvallon, non en maniant le discours antifasciste traditionnel, mais en montrant en quoi la démocratie «supérieure» défendue par les populistes trompe en fait le peuple et empêche justement le progrès démocratique.

La suite ici : https://www.liberation.fr/debats/2020/02/25/les-vraies-failles-du-populisme_1779587

29.02.20

Istacec

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