L’éternel retour du Roi


retour du Roi

C’est lorsque Nicolas Sarkozy, en 2007, a tenté de créer un éphémère ministère de l’identité nationale qu’on pouvait déjà nourrir le soupçon que la figure de l’étranger ne quitterait plus la France, au fil de cette étrange psychothérapie collective qu’est devenue sa vie politique.


Toute nation se résume à un récit. Tout récit national est un enchevêtrement de faits réels et imaginaires auquel on tente artificiellement de donner un fil, afin de protéger les ressortissants nationaux contre le double chaos que représentent l’imprévisibilité de l’avenir et l’instabilité du monde. La nation française ne fait pas exception à la règle. Le récit hexagonal repose sur deux piliers : la France chrétienne, fille de l’Église, puisant ses racines jusqu’à Clovis, ancrée sur la tradition, le goût de l’histoire ; et la France révolutionnaire, née en 1789 sur le rejet de l’Ancien Régime, l’affirmation des droits de l’homme, l’ambition universaliste et la tentation jamais épuisée de la table rase.

Ces deux France étaient, jusqu’à aujourd’hui, relativement apaisées et ménagées dans ce projet politique qu’est la Cinquième République. Celle-ci réconcilie en effet le caractère profane et immanent de la Révolution avec le sens de l’histoire, la personnification monastique et la transcendance de la Fille aînée de l’Église. Comme c’est souvent le cas dans les démocraties modernes, l’antagonisme en présence, par sa domestication par le biais du tamis démocratique, génère le plus souvent une tension créatrice relativement productive, fait de mouvements et contre-mouvements. Quelles que soient les étiquettes employées (soixante-huitard contre réactionnaires, élites contre France d’en bas, etc.), l’opposition entre les deux France perdure bon gré mal gré. Ces dernières années, elle s’est manifestée particulièrement autour des débats sur l’identité.
La suite ici : L’éternel retour du Roi – Le blog de François De Smet

26.04.17

Istacec

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