Lettre ouverte à un chanteur égaré



Tu nommes « vautours » ceux qui s’abritent sous un autre drapeau que le tien. Malheureusement, Lluis, tous les drapeaux sont sales et personne ne nous protège. Alors, dis ce qu’il en est, s’il te plaît. Va dans la rue. Persuade nos concitoyens de ne pas former des troupeaux menés par des loups. A défaut de le faire, tu seras anéanti par la misanthropie, le mensonge et le ressentiment.


Cher Lluis Llach, ex-collègue et actuel chasseur de vautours,

Je réagis à ton tweet qui qualifie de « vautours » ceux qui ont défilé dimanche à Barcelone pour dire leur attachement à l’Espagne. Il étaient près d’un million de gens normaux, beaucoup moins aisés que toi, moins « éduqués » peut-être, mais qui s’exprimaient pour la première fois. Parmi eux, bien sûr, des nostalgiques du vieux régime fasciste que ta famille a ardemment soutenu, mais pas seulement. Quoi qu’il en soit, Lluis, les artistes populaires que nous sommes ne peuvent pas être si dédaigneux envers leurs semblables. Même quand ceux-ci ne font partie de leur « clientèle ». Et je sais de quelle manière tu soignes la tienne. Je me souviens que tu n’as pas voulu chanter en français quand nous avions mêlé nos répertoires au festival des Francofolies. Tu m’as dit : « Je ne pourrai pas. Ceux qui me suivent ne le comprendraient pas. Je chanterai mes chansons, je traduirai un refrain ou une strophe des tiennes en catalan, mais pas plus ». J’avais trouvé ça grotesque, même grossier, puisque j’allais chanter avec toi … et en catalan. Sans parler de cette façon si stupide de défendre une langue.
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14.10.17

Ana

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