L’Europe ira donc valser à Vienne


valser à Vienne

Les équivalences avec les années 1930 s’imposeraient sans doute avec moins d’urgence si les démocraties occidentales n’étaient pas confrontées aujourd’hui à l’insécurité économique et à la lassitude politique, aux crispations identitaires et aux peurs sécuritaires.


Cet hiver, on ira donc skier au Tyrol, se gaver de Knödel et s’enivrer au Grüner Veltliner. Sans la moindre gêne. Sans ce sentiment de culpabilité qui avait saisi pas mal d’Européens en 2000, lorsque les conservateurs du Parti populaire autrichien (ÖVP) avaient déjà invité le Parti de la liberté (FPÖ, extrême droite) au gouvernement. A l’époque, des responsables politiques européens s’en étaient indignés. Certains, à l’exemple de Louis Michel, alors ministre des Affaires étrangères, avait même appelé à ne pas aller en vacances dans un pays qui avait rompu un tabou de la construction européenne

Le FPÖ dispose aujourd’hui d’un pouvoir exceptionnel au sein du gouvernement autrichien. Il contrôle en particulier les ministères de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères. Le contexte d’une poussée générale du national-populisme en Europe est par ailleurs bien plus inquiétant qu’en l’an 2000. Mais, à Bruxelles, « on ne fera rien ». Le commissaire européen Pierre Moscovici a bien estimé « que la présence de l’extrême droite n’est jamais anodine » et invité à « la vigilance », mais Jean-Claude Juncker et Donald Tusk, tous deux membres du Parti populaire européen, dont fait partie l’ÖVP, ont validé le nouvel attelage. La plupart des chefs de gouvernement, même ceux qui disent « ne pas partager les idées d’un des partis de la coalition », se défaussent, en promettant, « qu’ils jugeront sur pièces ». Bruxelles ne refusera pas l’invitation d’aller valser à Vienne.


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9.01.17

Istacec

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