La liberté d’expression et ses limites


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Peut-on publier des écrits fonctionnant sur le registre de la haine antisémite ? Oui, mais avec prudence, ont commencé par dire les éditions Gallimard en décembre 2017, lorsqu’a fuité leur projet de rééditer les pamphlets antisémites de Céline. L’idée était d’accompagner cette publication d’un « appareil critique », comme si les lecteurs de Bagatelle pour un massacre ou de L’École des cadavres étaient incapables de traverser un rideau de précautions scientifiques et érudites pour faire leur miel de la prose de la haine.


La commémoration des attentats de janvier 2015 a été l’occasion de souligner l’attachement des Français à la liberté d’expression. « Je suis Charlie » reste pour beaucoup un slogan fort, en réponse à la barbarie qui a visé une publication satirique accusée par les terroristes islamistes de blasphème. Du coup, les commentaires n’ont guère donné dans la nuance – il faut résolument défendre la liberté d’expression, sans la moindre compromission. Le point de vue du sociologue Michel Wieviorka.

On pourra regretter qu’aucune voix, parmi celles qui ont défendu ces jours-ci une République intransigeante dans son attention à la liberté d’expression, n’ait pris le soin de signaler les limites de cette liberté, ce qui est la meilleure façon de répondre aux critiques du « deux poids, deux mesures ». Et peut-être aussi, ce qui n’est pas aussi facile, de montrer que le blasphème « à la Charlie » n’est en aucune façon une incitation à la haine.

La question est d’autant plus embarrassante qu’elle se pose dans un contexte où le complotisme atteint nombre de nos concitoyens, comme viennent de le montrer la Fondation Jean-Jaurès avec le site Conspiracy Watch, et où l’antisémitisme est à la hausse en France comme dans d’autres pays, et dans des milieux plus variés qu’on pourrait croire.


La suite ici : Charlie Hebdo. La liberté d’expression et ses limites

29.01.18

Istacec

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