L’individualisme contre l’écologie



 




 

La visibilité qu’obtiennent progressivement les revendications écologistes à travers le monde ranime un climatoscepticisme aux ressorts éculés, du procès en catastrophisme à l’accusation d’un « rejet du progrès ». Passé la caricature, où sont censées nous mener ces critiques ?



 

Aujourd’hui l’écologie se trouve dans une situation singulière. Son succès en tant que thème de discussion et d’attention politique n’a d’égal que la difficulté de réformes à la hauteur des problèmes écologiques les plus sérieux : le climat, la biodiversité. Cette situation réactive des critiques contre l’écologie qui ne sont pas neuves.

La pensée écologique occidentale moderne a d’abord privilégié une critique radicale des modes de vie et de la croissance économique. L’ouvrage illustratif le plus célèbre de cette approche, Les limites à la croissance (Rue de l’échiquier), fut publié en 1972. Dans les années 1990, un projet de conciliation entre développement économique et protection de l’environnement s’est forgé sous l’égide du « développement durable ». Des progrès ont eu lieu dans la diminution de certaines pollutions, tandis que les menaces climatiques semblaient rejetées à un futur lointain. Mais aujourd’hui, l’alarmisme est véhiculé dans les rapports de scientifiques parmi les plus éminents, tant dans le domaine du climat que de la biodiversité. Un grand décalage entre objectifs de réforme écologique et concrétisation sur le terrain apparaît aux yeux de ceux qui ont une vision d’ensemble, même si des évolutions vertes locales limitées (énergie renouvelable, alimentation bio, vélos, constructions vertes…) suggèrent qu’une transition est en marche.

Si l’environnementalisme s’est caractérisé dès le début par un « unanimisme » arguant que chacun, grand et petit, est concerné par la dégradation de « la planète », il est vite apparu que des inégalités sociales influencent les impacts générés et ressentis : certains polluent plus que d’autres, et d’aucuns ont davantage de pouvoir pour s’adapter. Il y a donc des gagnants et des perdants aux politiques écologiques. Et les perdants (ou ceux qui craignaient de perdre) ne sont jamais restés inactifs. L’exemple le plus clair est le climatoscepticisme organisé, financé et véhiculé aux États-Unis par des milieux industriels redoutant des législations défavorables (1). Mais les choses ne sont pas si simples, et il y a également des aspects idéologiques non directement réductibles à une défense d’intérêts particuliers. De fait, des constantes sont repérables dans les charges anti-écologistes. On peut imaginer que les annonces actuelles de politiques environnementales plus affirmées tendent, par réaction, à les ranimer.

La suite icihttps://www.nouveau-magazine-litteraire.com/écologie/lindividualisme-contre-lécologie

30.07.19

 

Istacec

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