L’URBSFA renonce à Damso: victoire féministe ou censure par le fric?


Damso

Proximus et ABInbev sont intervenus ici pour condamner un artiste avant même d’avoir entendu l’œuvre qu’il était supposé produire en soutien de la campagne russe des Diables Rouges. Sa réaction annonce-t-elle que, demain, l’opérateur téléphonique n’accordera plus son soutien à cet artiste en raison du contenu de son œuvre? En clair, dans notre pays où l’article 25 de la Constitution, cher à tous les journalistes, proclame depuis 1831 que «la censure ne pourra jamais être établie», une censure artistique va-t-elle être instaurée en Belgique? Le précédent, en tout cas, est dangereux: demain, c’est un peintre qui sera sanctionné pour ses peintures « obscènes »; après-demain une écrivaine qui sera vilipendée pour ses publications « perverses »…


Le conseil des femmes francophones de Belgique (CFFFB) s’est réjoui, par la voix de sa nouvelle présidente, du « lâchage » par l’URBSFA du rappeur Damso, choisi à l’origine pour composer «l’hymne» (ce terme est-il approprié?) qui devait accompagner les Diables Rouges au cours du prochain Mondial de football en Russie. « Il y avait un vrai problème pour entendre nos arguments, a commenté Sylvie Lausberg. Mais la sollicitation des sponsors par écrit, la semaine dernière, a permis de changer la donne, notamment sous l’impulsion de la CEO de Proximus Dominique Leroy. »

Celle qui a succédé récemment à Viviane Teitelbaum a, en l’occurence, démontré qu’elle avait parfaitement saisi l’impact de la position du CFFB sur les pontes de l’Union Belge de footbal, mais aussi qu’elle maîtrise parfaitement la langue de bois politique, en faisant croire que c’est une victoire féministe malgré tout, puisque l’intervention de Dominique Leroy aurait été décisive dans le revirement spectaculaire de ceux dont la gestion du football national se fait de plus en plus à l’aveugle.

Que les dirigeants de l’Union belge de football réagissent plus aux ordres de leurs « parraineurs » qu’aux souhaits des sympathisants des Diables rouges n’est pas vraiment une surprise non plus: des refontes annoncées du championnat de première division à leur remarquable indifférence à la recrudescence des chants racistes dans les stades de football, on les savait pénétrés des problèmes urgents auxquels les clubs et l’équipe nationale doivent faire face.


La suite ici : Le blog de Philochar

12.03.18

Istacec

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