Macron, Assad et l’honneur de la France


Assad

Emmanuel Macron peut d’ores et déjà écouter les voix qui l’appellent à retirer sans délai cette Grand-Croix qui déshonore la France. Il doit surtout se rappeler qu’il a lui-même qualifié le mois dernier Assad de « criminel » à traduire devant la « justice internationale ».


Le président Macron ne peut prétendre ignorer qu’un de ses prédécesseurs a élevé le dictateur syrien au grade suprême dans l’ordre de la Légion d’honneur. Nous sommes en juin 2001 et Bachar al-Assad a « hérité » de son père Hafez, décédé un an plus tôt, le pouvoir suprême sur la Syrie. Jacques Chirac avait déjà accordé le crédit de la France à cette succession héréditaire en recevant Bachar à l’Elysée du vivant de son père, en novembre 1999. Il avait ensuite été le seul dirigeant occidental à assister à Damas aux funérailles de Hafez al-Assad, en juin 2000, multipliant les gestes de soutien au jeune despote.

Mais, en juin 2001, rien n’est trop beau pour Bachar al-Assad, à qui Chirac offre la Grand-Croix de la Légion d’honneur. Le président français mesure cependant l’incongruité d’une telle distinction et la cérémonie se déroulera littéralement entre deux portes du palais de l’Elysée. La seule image de la décoration est la photographie ci-dessus, retrouvée à la faveur de la publication par « Le Monde », en juin dernier, d’une enquête très fouillée sur la Légion d’honneur.  Aucune publicité n’est accordée à l’événement, dont Lionel Jospin et son gouvernement n’ont pas été informés. Chirac ne se fait à l’évidence aucune illusion, dès cette époque, sur « l’honneur » tout relatif de son hôte syrien.


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31.10.17

Istacec

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