Macron, l’entreprise comme modèle politique


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Curieusement, le néolibéralisme parvient à se faire désirer car il s’appuie sur une aspiration inconsciente à sa propre destruction. Il construit son utopie autour de la possibilité pour le travailleur de ne plus être salarié. D’une certaine manière, le capitalisme est mû par un désir anticapitaliste.


L’Espagnol Jorge Moruno Danzi, sociologue du travail et ancien responsable de l’argumentation au sein du mouvement anti-austérité Podemos, explique en quoi la dynamique d’Emmanuel Macron incarne, à ses yeux, la forme politique « la plus aboutie » prise par le néolibéralisme.

Il est aujourd’hui courant d’entendre dire que les systèmes partisans européens traversent une crise profonde. L’érosion des formations politiques traditionnelles favorise l’essor de diverses alternatives politiques. Ces options sont dépeintes à gros traits : elles sont regroupées sous le terme de populisme car, indépendamment de leurs positions politiques, elles dénoncent toutes l’état actuel des choses. Cependant, face à la crise de régime que connaît la société de l’emploi, le néolibéralisme se fraye également un chemin, détruisant sur son passage les fondements du vivre-ensemble posés dans l’après-guerre. C’est une condition nécessaire à son implantation.

Le néolibéralisme se construit donc, lui aussi, une forme politique propre. Il s’appuie pour cela sur les changements intervenus dans l’organisation du travail et sur le déploiement d’une rationalité tout droit importée du monde des ressources humaines. Centrer le débat sur les formations politiques telles que le Front national ou Podemos, qui se situent aux pôles opposés, revient à se contenter de l’arbre qui cache la forêt.
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7.07.17

Istacec

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