Maggie De Block, nouvelle sainte du délire managerial 




Le pouvoir est une drogue, selon Bertrand Russell, dont la soif s’accroît avec l’habitude ». Parfois, elle est si addictive que le sujet frappé déraisonne, au sens propre, et vit dans un autre univers. La récente interview de la ministre Maggie De Block  en fournit une illustration frappante.


En résumant, pour elle, la Belgique était remarquablement préparée pour le coronavirus, inspirée par une remarquable ministre de la santé. Elle est très fière du résultat, et elle au moins a mouillé sa chemise. Sainte Maggie, la nouvelle martyre expiatrice de la bêtise de ses concitoyens. Son interview constitue un bel exemple de manipulation médiatique, à laquelle il convient de répondre.

Commençons par ses multiples dénis de responsabilité. Si les masques ne relèvent pas de « son devoir », pourquoi gérait-elle donc la réserve, puis l’a-t-elle détruite, et justifie-t-elle maintenant son non renouvellement ? Sur le report de responsabilité sur l’administration, voilà un classique. Toute décision populaire relève de la ministre, toute autre négative relève des fonctionnaires. (Jambon faisait exactement de même lorsque la Belgique se ridiculisait mois après mois dans la chasse aux terroristes). Certains virologues, toujours traités de « drama queen » ont souligné la nécessité de prendre des mesures – dès le début février. La date importe. Entre le 31 janvier (proclamation d’une urgence mondiale par l’OMS) et le 13 mars (proclamation du lockdown par la Belgique), il y a exactement six semaines d’inertie, qui expliquent la forte montée des morts. Les virologues avaient donc raison, et Sainte Maggie tout à fait tort.

Les maisons de repos ne relèvent pas de sa compétence juridique, de fait. En revanche, une ministre de la Santé qui répète longtemps « ceci n’est qu’une grippe », « il ne faut pas porter de masques » incite de façon délibérée les gens à ne prendre aucune précaution. Dans les maisons de repos, cette incitation précisément provoque des morts. Affirmer que les hôpitaux étaient prêts constitue un mensonge délibéré, quand on sait combien le personnel a dû chercher sans cesse du matériel de protection insuffisant, ainsi que régulièrement des médicaments épuisés (on estime maintenant qu’un tiers des médecins a travaillé sans les protections adéquates). Pour Sainte Maggie, les appels répétés à l’aide du personnel de santé dans la presse n’existent pas. Là aussi, cela fait des morts.

La suite ici : Maggie De Block, nouvelle sainte du délire managerial (carte blanche)

22.06.20

Istacec

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