« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » (Albert Camus)







En qualifiant l’attentat de Bayonne d’« attaque », le Président Macron réduit cette nouvelle manifestation d’un terrorisme identitaire à un acte isolé, commis par une personne dérangée : un incident, en définitive, malheureux. Bayonne, ce n’était pas davantage un acte isolé que l’attentat meurtrier de Christchurch en Nouvelle Zélande ou celui commis à Halle, en Allemagne. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que ces attentats sont liés et que ce terrorisme puise ses sources dans le concept de la « suprématie blanche ». Cela ne date pas d’hier.




Le précurseur de ce nouveau terrorisme identitaire était Anders Behring Breivik qui, en 2011, avait froidement abattu 77 participants d’une retraite d’été de la jeunesse social-démocrate norvégienne sur l’île d’Utoya. A l’époque, Breivik avait rédigé un « manifeste » bizarre, prônant cette « suprématie de la race blanche » ; et depuis, les terroristes identitaires se réfèrent tous à ce manifeste.

L’attentat de Christchurch où, le 15 mars 2019, le terroriste Brenton Tarrant avait tué 51 personnes dans deux mosquées, se rattache également à ce terrorisme identitaire, tout comme celui de Halle en Allemagne et l’attentat de Bayonne. A Halle, un terroriste néo-nazi avait tenté de s’introduire dans la synagogue de la ville pour y commettre un bain de sang. Dans l’incapacité de pénétrer à l’intérieur,  le terroriste avait alors abattu deux personnes devant le bâtiment.

Il en est de même des milliers d’actes violents et criminels perpétrés en permanence dans nos pays, et qui vont des tags et menaces sur les maisons des élus jusqu’au meurtre politique comme celui de Walter Lübcke, sous-préfet de Kassel en Allemagne, exécuté sur la terrasse de sa maison par un autre terroriste identitaire qui « justifiait » ce meurtre par la politique « favorable à l’accueil de migrants » menée par le sous-préfet.

Nommer ces actes terroristes ” attaques ” revient à fermer les yeux devant cette mouvance identitaire qui sévit partout en Europe et qui conduit inexorablement au terrorisme identitaire animé par une idéologie néo-nazie.

La suite ici : http://eurojournalist.eu/mal-nommer-les-choses-cest-ajouter-au-malheur-du-monde-albert-camus/

31.10.19

Istacec

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