Matteo R. et Matteo S. : le nouveau Janus






Janus, dieu romain des commencements et des fins est représenté avec deux têtes qui de profil sont tournées l’une vers le passé, l’autre vers l’avenir. Aujourd’hui, les deux Matteo s’affrontent sans savoir encore lequel sera l’avenir. Mais les deux hommes sont bien les deux faces d’une même dégénérescence de la politique. Et l’un, Renzi avec son blairisme à l’italienne a bien ouvert la voie à l’autre, Salvini et son populisme d’extrême-droite.




De la fin du XXe siècle à aujourd’hui, le centre gauche lui a préparé le terrain. Les gouvernements « techniques » qu’il appuyait (de Dini à Monti) ou ceux qu’il présidait lui-même ( de Prodi à Renzi en passant par D’Alema) ont appliqué à la lettre et avec zèle l’austérité imposée par les traités européens1.

La confusion idéologique, l’abandon du territoire comme lieu de la politique, l’identification du centre gauche avec les classes moyennes des grands centres urbains qui profitent de la mondialisation avec pour corollaire le détachement des classes populaires des périphéries et des campagnes ont abouti aux triomphes des populismes des Cinque Stelle et de la Lega.

Et Renzi lui-même a pratiqué un populisme d’état proche de celui de Macron2, jouant la carte de la « table rase » en politique, y compris dans son propre parti ou il pratiqua la « rotomazione » ( la mise à la casse) des dirigeants historiques. Renzi, comme Salvini, se sont emparés de la politique ( et de leur parti d’origine) au nom de l’anti-politique3. Ils se veulent à la fois le pouvoir et l’opposition avec la prétention d’occuper tout l’espace politique.

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19.08.19

Istacec

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